dimanche 15 octobre 2017

Du Feu de l'enfer - Sire CÉDRIC

Titre : Du feu de l'enfer
Auteur : Sire Cédric
Édition : Presse de la cité
Date de parution : Mars 2017
Nombre de pages : 560
Genre : Thriller
Décor : France
Lu en : Septembre 2017

10/10

Quatrième de couverture : Manon maquille les cadavres, Ariel maquille les voitures. Elle est thanatopractrice, il est délinquant. Ils sont frère et soeur. Un jour, l'une des combines d'Ariel tourne mal.

et Manon se retrouve complice malgré elle. Lorsque les assassinats les plus sordides s'accumulent autour d'eux, traçant un jeu de piste sanglant vers une secte satanique, le capitaine Raynal s'intéresse à leur cas. Commence alors une traque qui brouillera les limites entre alliés et prédateurs et mettra à l'épreuve les liens du sang.


Mon avis : Je découvre Sire Cédric avec ce roman, et ce ne sera pas le dernier !

Tout commence lorsqu'un frère vient demander l'asile politique pour une nuit chez sa sœur, après un énième conflit de couple. C'est complètement ivre qu'il débarque chez elle, et elle fait vite comprendre aux lecteurs qu'elle ne porte pas son frère dans son cœur, à cause des nombreuses affaires louches dans lesquelles il trempe. Finalement, elle est bien obligée d'accepter, mais que pour une nuit ! Ce qu'elle ne sait pas, c'est qu'elle a lié son destin à celui de son frère, qui trempe en effet une fois de plus dans une affaire sordide...

Nous suivons tantôt le frère ou la sœur, tantôt la police ou les méchants. Nous avons donc un aperçu plutôt clair de ce qui se passe de tous les côtés, et pourtant, cela ne nous aide pas beaucoup à savoir ce qu'il se passe réellement, et comment les deux héros vont pouvoir sortir de ce mauvais pas.

D'un début assez anodin, l'affaire se corse jusqu'à révéler une affaire diabolique, glauque, insaisissable et incroyablement dangereuse. Le suspense nous prend rapidement et insidieusement et ne cesse d'augmenter jusqu'à la fin.

Certains ont vanté les scènes gores de ce roman, mais force est de constater qu'il n'y en a en fait pas tant que ça. On lira davantage ce livre pour son suspense incroyable et pesant que pour ses descriptions sanglantes, ce qui n'est pas pour me déplaire mais je me permets de contre-balancer ce que j'ai pu lire dans divers avis.

Un dernier point que j'ai adoré : le fait que Sire Cédric ne fasse pas dans la demi-mesure, ce qui, en quelques éléments, réussit à faire basculer toute cette histoire en véritable horreur.


En quelques mots : une première rencontre avec l'univers de l'auteur qui m'a clairement plu et un livre qui mérite d'être lu pour les adeptes de suspense pesant.

vendredi 13 octobre 2017

Indé Panda, volume 3 (mai 2017) - COLLECTIF

Titre : Indé Panda, volume 3 (mai 2017)
Auteur : SAID, Nicolas Chevolleau, Stéphane Arnier, Céline Saint-Charle, Valery Bonneau, Bouffanges, Caroline Giraud, Didier Betmalle, Khalysta Farall, Nathalie Bagadey, Jeanne Sélène et Jean-Christophe Heckers.
Édition : Numérique disponible gratuitement et légalement, voir ici
Date de parution : Mai 2017
Nombre de pages : Une centaine environ
Genre : Nouvelles
Lu en : Septembre 2017

Notes données ci-dessous, très bon numéro !

Quatrième de couverture : Au menu de ce troisième numéro de l'Indé Panda : Des éclats de rire, Des tripes nouées par la tristesse, De l'espoir, De la tolérance, Un suspense haletant, Quelques frissons d'horreur, Une totale remise en question de l'industrie éditoriale, Une destinée bravant la Mort, Des vacances en Ford Escort année 96, Et pourquoi pas, la vie éternelle... L'Indé Panda est un magazine numérique créé par des passionnés de lecture. Trois fois par an (et après un appel à texte, une sélection mouvementée et des débats aussi divers que variés), nous offrons un recueil de nouvelles d'auteurs indépendants. Vous y trouverez différents genres littéraires, et de (très) belles plumes. L'occasion pour vous de découvrir de nouveaux talents... Les habitués reconnaitront certains noms, les novices pourront se laisser tenter par nos deux précédentes parutions, toujours en téléchargement gratuit. Merci pour votre soutien et vos commentaires encourageants, et bonne lecture avec ce troisième numéro de L'Indé Panda !

Mon avis : C'est un très bon numéro, je vous le dis ! En tout cas, j'ai davantage apprécié cette fois-ci, j'ai eu l'impression que les nouvelles faisaient plus nouvelles que dans les précédents numéros, dans lesquels on sentait parfois que le nombre de mots avait vraiment posé problème et que l'histoire s'en voyait quelque peu amputées. Notes en bas à côté des titres !

Mon avis sera quelque peu différent cette fois-ci. Tout simplement parce que j’ai eu la mauvaise idée de ne pas rédiger mon avis tout de suite. Je me rends compte que je me souviens très bien de certaines nouvelles et beaucoup moins d’autres, voire plus du tout. Je ne sais pas si c’est plus positif de vous donner un avis mitigé sur une nouvelle plutôt que de vous indiquer « ne m’en rappelle plus », m’enfin, je vais faire ce que je peux, quitte à relire rapidement quelques lignes.

Éternicide – SAID – Superbe ♥♥♥
Je comprends pourquoi cette nouvelle a fait la couverture. Si je vous dis qu’elle m’a fait rêver, ceux qui l’ont lu risque de ne pas comprendre pourquoi, mais, comme dans un rêve, je me suis senti flotter dans une sorte de brume. Le bonheur peut-il être éternel ? Avec l’éternicide, on s’en rapproche, mais sommes-nous prêts à franchir le cap ? À quel prix ? Que reste-t-il ? J’avoue que je me suis posé beaucoup de questions, et j’ai adoré. Sous certains aspects, j’ai vaguement pensé à Avatar, mais en tellement mieux ! Une réussite et une belle prise de conscience.

Bon Dieu Bourdieu ! – Nicolas Chevolleau – bon
À froid, il ne me reste plus beaucoup de détails sur cette nouvelle, mais tout de même l’essentiel, des vacances qui partent en vrille, le coup de fil du chef Bourdieu qui enquiquine toute la petite famille. Une petite histoire des galères du quotidien en somme, qui passe toujours bien.

Le destin de Dvalin – Stéphane Arnier - bon
J’ai dû relire les premières phrases pour me rappeler de cette nouvelle, mais que suis-je bête, le « destin », du titre, aurait dû me mettre sur la voie ! Un point de vue intéressant sur la question, est-on maître de son destin ? Une lecture agréable, mais j’ai eu un peu de peine avec les premiers dialogues. Ces appellations enchâssées de Machin, fils de Truc, petit-fils de Chose ont un peu cassé mon rythme (au début). En fait, je pense que cette nouvelle gagnerait beaucoup à occuper au moins une trentaine de pages. (Je sais que ce n’est pas possible dans l’Indé panda, c’est juste mon ressenti.)

Willy – Céline Saint-Charle – très bon ♥
Là, avec cette nouvelle, je ne me rappelle que de la chute et d’une grosse révélation. Les deux m’ont beaucoup plu, je me rappelle m’être dit « ahh, oui, c’est du bon là, j’aime ! » et comparé à d’autres histoires sur le même sujet, il y a une petite pointe d’originalité dans le personnage qui s’exprime, ce qui fait plaisir. Je me rends compte également que même si j’ai oublié comment se déroule la nouvelle, j’aurais plaisir à la relire, ce qui est plutôt bon signe !

La dent – Valery Bonneau – très bon ♥
Vous voulez vous fendre la poire quelques minutes ? Lancez-vous. J’étais seule dans mon lit, et j’ai réellement rigolé, haut et fort par moments ! J’ai rarement ri comme ça devant un livre, j’arrivais plus à me ravoir. Par moments l’histoire est prévisible, mais dans le bon sens, on suit le mouvement, on s’y attend, ça arrive, on sourit, et paf, pire et pire et on rit encore plus. Une belle rigolade qui tient très bien sur une nouvelle.

Citius Altius Fortius – Bouffanges – superbe ♥♥♥
J’avoue que le placement de cette nouvelle juste après celle de La Dent est un peu délicat, parce qu’on change complètement, mais alors complètement de décor. J’ai commencé, et j’ai tout de suite senti qu’il me fallait une coupure si je voulais réellement l’apprécier, je l’ai donc lue le lendemain, et j’ai bien fait ! Là, on est aux antipodes de la rigolade et on se plonge dans un évènement sportif historique, lorsque trois athlètes se sont associés pour s’élever contre le racisme. Le récit est bien écrit, et le fait d’avoir mis l’accent tour à tour sur les trois sportifs a permis de mettre en lumière quelques injustices, au-delà de la noble cause qu’ils ont défendues. Très beau message.

Les étudiantes fauchées ne prennent pas le taxi – Caroline Giraud – très bon ♥
Alors déjà pour commencer : la chronologie inversée est originale et tient debout ! J’avais essayé une fois d’écrire un petit quelque chose avec une telle chronologie et j’ai vite abandonné, parce que l’exercice n’est vraiment pas facile. Là, autant dire qu’elle l’a gérer avec brio, rien à dire. Le sujet est d’actualité, fait polémique, et je suis sûre que cette nouvelle est clivante, certains se rangeant à l’avis de l’auteur, d’autres s’élevant contre cette prise de position vis-à-vis du consentement. Un sujet donc brûlant, très bien traité, que j’ai aimé lire. J’espère qu’elle sera appréciée à sa juste valeur, car la chute est très forte. En effet, un acte plus poussé aurait été plus choquant dans l’esprit des gens, mais tellement moins fort sur le message envoyé. Très bon, donc.

Le Coin des curieux – Didier Betmalle – bon
Je recommande cette lecture pour Halloween, par exemple, si vous voulez vous faire une petite lecture commune entre amis. J’ai trouvé bon, original, et il y a de très bonnes idées, j’ai même frémis à quelques moments. C’est toujours génial quand une nouvelle, aussi courte soit-elle, peut nous faire ressentir quelque chose.

Mes petits chéris – Khalysta Farall – bon
Je trouve également que cette lecture est parfaite pour Halloween, pour les mêmes raisons que pour la précédente. J’ai beaucoup apprécié l’ambiance, et surtout, la chute, qui est top !

La couturière et l’oiseau – Nathalie Bagadey – très bon ♥
J’ai beaucoup aimé la façon dont l’auteure a décrit le métier de couturière, tout en douceur et en poésie. C’est charmant et plaisant à lire, et quand on découvre le personnage « à l’oiseau », on ne peut s’empêcher de le détester et de vouloir rassurer la couturière sur son beau travail. Deux personnages bien campés, l’un qu’on veut voir triompher, l’autre tomber, mais dur d’imaginer comment. La chute est tout simplement géniale et inattendue, pourtant, il y avait des petits indices glissés çà et là, pour l’amener avec beaucoup de tact, mais je n’ai rien vu jusqu’aux derniers mots.

Le plus beau métier du monde – Jeanne Sélène – bon/moyen
Si je suis parfaitement honnête, c’est malheureusement cette nouvelle qui m’a le moins marquée, puisque même en voyant le titre, impossible de me rappeler le sujet. J’ai relu la nouvelle en diagonale, ça m’est revenu, mais ça reste flou. En plus, ça tombe mal, je sortais d’une lecture sur le sujet, où, forcément, vu le nombre de pages, j’ai eu droit à des véritables déclarations d’amour pour ce métier particulier. Cependant, bravo de mettre en avant ce genre de métiers, et je pense que j’aurais sans souci pu lire un roman entier sur le sujet.

Chers lecteurs – Jean-Christophe Heckers - bon
Une nouvelle un peu plus difficile à juger. Elle est bien écrite, elle est très bonne, le sujet est intéressant, assez innovant, mais j’avoue que j’ai été un peu déstabilisée. L’auteur soulève une critique pertinente, une vérité possible derrière la fiction. Je me suis interrogée, beaucoup, et je me demande ce qu’il en est vraiment. Bien sûr, ici, on est clairement dans une fiction, mais où s’arrête-t-elle pour rejoindre la réalité ? Je me le demande encore. De ce point de vue, la nouvelle atteint son objectif, c’est sûr, mais j’avoue que j’en aurais voulu plus (oui, je suis horrible ^^).

Allez, on file sur Amazon ou ailleurs pour se procurer son Indé Panda n° 3 !

mardi 10 octobre 2017

Eunoto, les noces de sang - Nicolas FEUZ

Titre : Eunoto, les noces de sang
Auteur : Nicolas Feuz, les noces de sang
Édition : Autoédité chez thebookedition
Nombre de tomes : Deuxième tome de la pentalogie massaï.
Date de parution : 17 octobre 2017
Nombre de pages : 393
Genre : Thriller, policier
Décor : Suisse (cantons romands)
Lu en : Septembre 2017

10♥/10

Quatrième de couverture : Il lui promit de l'aimer pour le meilleur et pour le pire, sachant que seul le pire les attendait. Il lui promit de l'aimer jusqu'à ce que la mort les sépare. Mais pas au-delà.

Le Monstre de Saint-Ursanne est-il victime d'une erreur judiciaire ? Qui sont ces jeunes filles décapitées, dont les corps ont été trouvés au château de Valangin et au barrage de Schiffenen ? Pourquoi un gendarme genevois a-t-il été tué devant les HUG ? Jeune inspecteur de la police neuchâteloise, Michaël Donner trouvera-t-il des réponses en ville de Lausanne ou dans le domaine skiable des Quatre Vallées ? Quand l'enquête sur un tueur en série prend une dimension romande et requiert la mise en oeuvre de l'entraide intercantonale...

"Ce septième roman noir du procureur neuchâtelois place définitivement l'auteur au même niveau qu'un Jean-Christophe Grangé ou un Maxime Chattam" (Mensuel Générations, novembre 2016, à propos d'Horrora borealis)


Mon avis : Nicolas Feuz est un auteur coup de cœur, à chaque lecture, je prends énormément de plaisir. J’avais lu trois titres : Horrora Borealis, Les Bouches et Emorata, et ce fut un carton plein à chaque fois ! Quand j’ai vu que j’avais reçu Eunoto (« tome » qui se place entre Emorata et la Trilogie massaï) en SP, autant dire que j’ai sauté de joie et que je bavais (en tout élégance) d’avance. Mille mercis à l’auteur de me l’avoir fait parvenir.

Encore une fois, j’ai passé un moment exceptionnel ! Et quel plaisir de retrouver Michaël Donner, de nouveau engoncé dans une affaire sordide. On le suit dans une épopée folle dans tous les cantons romands, à la recherche d’un terrible criminel. Et quand je dis « terrible », je ne trouve pas les mots pour décrire ce qu’il fait à ses victimes, c’est poignant, il faut retrouver l’auteur de ces crimes au plus vite. Même avec toute la volonté du monde, Michaël se retrouve régulièrement face à un mur, notamment quand il découvre que l’ADN trouvé sur les lieux ne peut pas se trouver là, impossible ! Il y a un problème quelque part… Il a forcément commis une erreur quelque part, mais où ? Et le temps presse… Comment faire pour débrouiller cette pelote de chair et de sang, vous le saurez en lisant (et en prenant un pied d’enfer au passage). Que demander de plus ?).

Comme je l’ai expliqué brièvement, ce tome se passe après Emorata, mais avant Ilmoran, premier tome de la Trilogie massaï, et je dois dire que c’est un tour de force que de réussir à écrire la suite d’une préquelle qui se passe toujours avant la trilogie originelle, que je me réjouis de lire au plus vite, d’ailleurs.

Pas besoin de tergiverser, ce livre est une tuerie ! Il y a tout : du suspense, du mystère, de l’incompréhension, de l’action, de l’aventure, des révélations, tout je vous dis ! Mon cœur a pris l’ascenseur tout au long de ma lecture, car j’ai pris la défense de certains, accusé d’autres, soulevé des injustices… je me suis trompée, souvent, et j’ai été surprise, encore plus souvent ! Et cette fin… Cette fin ! Vous voulez lire cette fin, je vous l’assure. Alors on n’hésite plus (si vous hésitiez…) et on fonce, on fonce, on fonce. Un auteur qu’il FAUT découvrir, un livre qu’il FAUT lire. Et vous savez quoi ? Même si vous n’avez pas lu Emorata, vous comprendrez tout (même si je vous en conseille la lecture avant, aussi une merveille !).

Foncez ! Et dites-moi ce que vous en avez pensé. De mon côté, je commence Ilmoran sous peu et je me réjouis, je sais d’avance que je ne peux qu’aimer.

Une merveille de suspense, de révélations, de hauts et de bas. SPLENDIDE !

dimanche 8 octobre 2017

Le Cri - Nicolas BEUGLET

Titre : Le Cri
Auteur : Nicolas Beuglet
Édition : XO éditions (thriller)
Date de parution : 2016
Nombre de pages : 491
Genre : Thriler
Décor : Oslo (Norvège), France, île de l'Ascension
Lu en : Octobre 2017

9/10

Quatrième de couverture : Hôpital psychiatrique de Gaustad, Oslo. À l’aube d’une nuit glaciale, le corps d’un patient est retrouvé étranglé dans sa cellule, la bouche ouverte dans un hurlement muet. Dépêchée sur place, la troublante inspectrice Sarah Geringën le sent aussitôt : cette affaire ne ressemble à aucune autre…

[La suite en dit trop selon moi, vous pouvez ne pas la lire et vous lancer] Et les énigmes se succèdent : pourquoi la victime a-t-elle une cicatrice formant le nombre 488 sur le front ? Que signifient ces dessins indéchiffrables sur le mur de sa cellule ? Pourquoi le personnel de l’hôpital semble si peu à l’aise avec l’identité de cet homme interné à Gaustad depuis plus de trente ans ?

Pour Sarah, c’est le début d’une enquête terrifiante qui la mène de Londres à l’île de l’Ascension, des mines du Minnesota aux hauteurs du vieux Nice.

Soumise à un compte à rebours implacable, Sarah va lier son destin à celui d’un journaliste d’investigation français, Christopher, et découvrir, en exhumant des dossiers de la CIA, une vérité vertigineuse sur l’une des questions qui hante chacun d’entre nous : la vie après la mort…

Et la réponse, enfouie dans des laboratoires ultrasecrets, pourrait bien affoler plus encore que la question !


Mon avis : La quatrième de couverture en dit un peu trop à mon goût, heureusement que je ne l’avais pas lue avant de me lancer ! C’est sur plusieurs conseils que j’ai passé le pas, et j’en suis heureuse, parce que j’ai vraiment passé un très bon moment.

Tout commence par un décès étrange dans un asile psychiatrique en Norvège. Sarah est chargée d’enquêter, car de nombreux éléments sont louches dans cette affaire. Elle remonte la piste jusqu’en France, où elle fait la connaissance de Christopher. Ensemble, ils vont tenter de découvrir la vérité, une vérité des plus troublantes.

J’en dis volontairement peu, le résumé peut sembler un peu austère, mais je ne veux pas en dire trop. Ce que vous devez savoir, c’est que j’ai été subjuguée, la première partie de l’enquête se passe en hôpital psychiatrique, avec l’ambiance effrayante qui l’accompagne, surtout dans les conditions étranges qui planent autour du décès. L’ambiance change ensuite du tout au tout pour une recherche plus traditionnelle, pendant laquelle Sarah recueille des témoignages et remonte une piste jusqu’en France. Quand tout à coup, tout s’accélère et l’ambiance change encore et devient un véritable roman d’aventure, avec du mystère, des découvertes, de l’action, et ce, jusqu’à la fin, qui nous offre son lot de surprise.

Ces changements de ton et d’ambiance sont un peu déstabilisants au départ, mais tellement agréables, surprenants et bien amenés… Superbe !

Seul petit point négatif, le marchandage de l’ultimatum à la fin était un peu ridicule, avec un méchant qui ne veut laisser que X heures et les gentils qui négocient plus d’heures, encore et encore. Le méchant, au final, ne semble plus très crédibles au bout de la deuxième fois. Pas dramatique, mais un peu dommage tout de même.

Sinon, comme vous l’aurez compris, il m’est vraiment difficile d’en dire plus, il faut se lancer un peu les yeux fermés. Ce que je peux encore vous dire c’est qu’on voit que l’auteur a effectué moult recherches pour documenter les passages plus scientifiques. Même là où il extrapole un peu, pour les besoins de son histoire, tout concorde et pourrait fonctionner avec ce que l’on sait aujourd’hui sur certains sujets.

Beaucoup de travail de recherches derrière ce livre, de l'action, du mystère, de l'aventure, du suspense, superbe !

mardi 3 octobre 2017

Charade - Laurent LOISON

Titre : Charade
Auteur : Laurent Loison
Édition : Nouvelles plumes
Date de parution : 2015
Nombre de pages : 432
Genre : Policier, thriller
Décor : Paris, France
Lu en : Octobre 2017

5/10

Quatrième de couverture : Le cadavre d’une jeune femme est retrouvé, le visage encore marqué par la douleur de la torture qu’elle a subie. Dans une enveloppe abandonnée sur l’atroce scène de crime, une simple phrase : « les premiers seront les derniers ». Bientôt ce sont d’autres victimes, d’autres messages… Et un mystère qui reste entier.

Pour arrêter ce jeu sordide, le 36 quai des Orfèvres a missionné le commissaire Florent Bargamont. Le brillant mais glacial enquêteur fait équipe pour la première fois avec une jeune et enthousiaste criminologue, Emmanuelle de Quézac. Malgré les rivalités qui font rage au sein du 36, le duo d’enquêteurs se lance à corps perdu à la poursuite de ce tueur en série aussi terrifiant qu’inhumain.


Mon avis : Ah la la, je sens que certains ont être déçus par mon avis parce que j'ai entendu beaucoup de bien de ce livre. Attention, je ne dis pas qu'il est mauvais, mais... eh bien... il y a un mais.

Sans rentrer dans les détails, nous allons suivre une enquête des plus sordides, menée par Bargamont et son équipe du 36. Tout commence avec la découverte d'un corps atrocement mutilé, accompagné d'un message « les premiers seront les derniers ». Le lecteur ne sera pas surpris de découvrir qu'il s'agit de la première partie d'une charade, puisqu'il s'agit du titre... Dommage, nous perdons là un premier élément de surprise et regardons les policiers faire fausse route un petit moment. Quoiqu'il en soit, la vague de meurtres continue, parce qu'une charade comporte plusieurs bout de phrase, nous voilà embarqués dans l'affaire.

J'ai apprécié l'imagination des crimes, souvent atroces, mais ai déploré l'absence d'implication par la suite. Certains sont à peine décrits, j'ai eu l'impression de rester sur ma faim. Quitte à imaginer des crimes aussi atroces, autant s'y attarder un peu plus longuement que juste remarquer le corps et passer à la suite des énigmes. Ainsi, à part le premier corps (il me semble), pas d'analyses médico-légales, peu de descriptions du corps, et quand on imagine que certains éléments peuvent avoir des répercussions sur les environs, ceux-ci sont passés sous silence. Dommage. Un certain déséquilibre entre ce qui est dévoilé et caché.

En ce qui concerne la charade en elle-même, qui nous aide à découvrir qui est le tueur (logique), j'avoue que j'ai vu venir certains éléments, mais de façon floue, parce qu'au final, il y a beaucoup trop d'informations, de jeux, de pistes, ça en devient un peu tiré par les cheveux. Sincèrement, quand j'ai lu les dernières pages, je n'ai même pas été surprise de savoir qui était le tueur, parce que, même si je ne l'avais pas trouvé, il se trouve que c'était tellement tiré par les cheveux que mon seul ressenti a été de me dire « ah... bof... ». Encore une fois, c'est vraiment dommage, parce que c'est génial d'avoir la révélation tout à la fin, comme ça, quand le lecteur ne la voit pas venir ! Mais là... manque d'intérêt soudain face à des liens parfois un peu absurdes.

Mon avis semble assez négatif et un peu dur, mais je tiens à dire que tout n'est pas à jeter, loin de là. On a malgré tout une histoire qui tient debout (mis à part la résolution de la charade), des personnages bien travaillé, une imagination débordante, une bonne maîtrise des descriptions macabres (auquel l'auteur peut avoir recours plus souvent, parce que là, c'est top !). Je ne perds pas de vue qu'il s'agit d'un premier roman, et quelque chose me dit que tout est là pour offrir quelque chose de très bon si retravaillé un petit peu.

Alors oui, soyons honnêtes, je n'ai pas adoré ce roman, mais j'ai apprécié certains aspects. J'ai vu que l'auteur a sorti un deuxième roman, aussi, je vais probablement me laisser tenter, histoire de voir s'il est mieux ; mais quelque chose me dit que ce sera le cas. Je l'espère en tout cas, parce qu'il y a vraiment de bonnes idées dans Charade !

Avis mitigé, mais ce roman contient indéniablement de bonnes idées, je vais probablement tenter le deuxième livre de l'auteur

vendredi 22 septembre 2017

Buczko - Loana HOARAU

Titre : Buczko
Auteur : Loana Hoarau
Édition : Éditions ELP
Date de parution : 2015
Nombre de pages : 210
Genre : Horreur psychologique
Décor : France
Lu en : Septembre 2017

10/10

Quatrième de couverture : Foin d’envolées théoriques. C’est bien plutôt dans son action fulgurante – par la pratique, si on ose dire – que le pédophile est étudié dans ce roman. C’est d’ailleurs fait avec une mæstria hautement perturbante. Notre sociopathe profond se déploie pour nous, sans malices ni artifices. On domine et comprend intimement le lot gesticulant de ses petites maniaqueries proprettes. On domine et comprend intimement sa sourde misanthropie. On domine et comprend intimement son adultophobie implacable. On comprend, on finit presque par partager sa frustration insondable et sa colère cuisante, pourtours inévitables de son programme radicalement négateur, amoral et nihiliste. C’est une des vertus de la fiction que de pouvoir entériner le monde des monstres.

L’amour suave et délétère de cette narco-crapule semi-psychotique de Buczko pour les petites filles nous est instillé, drogue d’entre les drogues, presque avec du sublime dans la voix. La destruction de la victime prend place en nous lumineusement, en rythme, par petits bonds nerveux.

Le propos de cet ouvrage n’est absolument pas moraliste. Sa cruauté est absolue, hautement dérangeante, répugnante, révoltante, comme gratuite. Et pourtant (car il y aura un et pourtant...) notre pédo-toxico se retrouve avec une terrible clef anglaise jetée par le sort, dans le moteur bourdonnant de sa mécanique criminelle tellement rodée.

C’est une jeune femme qui écrit. Loana Hoarau en est à son deuxième roman. Tributaire des mêmes hantises que le premier, celui-ci est beaucoup plus assumé, plus solide, plus achevé. Un scotome s’imprime. Une œuvre s’annonce.


Mon avis : La quatrième de couverture nous met déjà sur la voie : dans ce livre, nous allons arpenter les méandres sinueux du cerveau d’un pédophile, marcher sur ses pas, devenir lui… Un roman qui s’annonce donc différent, qui sort des sentiers battus, et j’aime ça !

Dès les premières pages, on se rend compte que ce livre est dérangeant et glauque. Le lecteur se retrouve dans la tête d’un pédophile, un monstre qui pourtant va expliquer avec beaucoup d’humanité ce qu’il ressent. C’est vraiment, mais alors vraiment dérangeant. Pourtant, si on lit au-delà des lignes, on comprend parfaitement qu’il ne s’agit pas d’un plaidoyer pour la pédophilie, non, c’est bien plus tortueux et travaillé que cela.

L’auteure nous met en garde : « âmes sensibles s’abstenir ». C’est parfaitement justifié, mais je n’avais pas vraiment saisi la vraie raison qui se cachait derrière cet avertissement. En effet, beaucoup de personnes classent ce roman comme un roman d’horreur. Je m’attendais à affronter des descriptions horribles, des scènes insoutenables de viol, de sang, de violence. En réalité, les mots sont choisis avec soin, les scènes ne sont pas si crues que cela, au contraire, je les trouve assez « passe-partout ». Loana Hoarau a réussi à transmettre l’horreur d’une façon différente : par les pensées gênantes et horrifiques de Buczko. Au final, elle ne nous impose pas d’images horribles, non, c’est le lecteur qui se charge de se les imaginer dans sa tête, et ça, c’est vraiment fort, parce que je peux vous dire que j’ai créé des scènes bien plus horrible que ce qu’elle a écrit.

Bien sûr, les âmes qui sont sensibles à ce genre de sujets malsains devraient éviter la lecture de ce livre, mais sinon, sachez que c’est vous qui vous imaginerez l’horreur des scènes et non l’auteure qui vous les imposera, de ce côté-là, elle a vraiment bien joué son jeu et manié sa plume ! En parlant de sa plume d’ailleurs, je peux vous dire que régulièrement, elle emploie des mots forts, vulgaires, mais qui s’intègrent parfaitement à la manière de parler et de penser du personnage.

J’ai aimé me retrouver dans la tête de cet horrible pédophile. Je ne voulais pas le comprendre, non, juste voir ce que c’est. Après tout, ça reste de la fiction. Et d’ailleurs, quand je vois des gens cracher sur l’auteure en lui collant toutes sortes d’étiquettes, je ne dirais qu’une chose : elle ne fait pas l’apologie de la pédophilie, au contraire, si on réfléchit bien, elle présente une certaine réalité qui dérange, que trop de gens occultent. Elle a juste présenté la chose de manière coup de poing, et autant dire qu’elle a parfaitement réussi dans son entreprise.

En bref : un roman dérangeant, glauque, malsain, mais obsédant, qu’on ne peut lâcher. Écrit finalement de façon assez neutre, c’est le lecteur qui se représentera seul toute l’horreur de la situation. Troublant et passionnant à la fois.

Les scènes ne sont pas horrifiques, mais le sujet l’est fortement, à ne pas mettre entre toutes les mains

jeudi 21 septembre 2017

L'Indé panda volume 2 (janvier 2017) - COLLECTIF

Titre : Indé panda, volume 2
Auteur : Solenne Hernandez, Selma Bodwinger, Khalysta Farall, Nathalie Bagadey, Jeanne Sélène, Nicolas Chevolleau, Patrice Dumas, Alan Spade, Hélène Ourgant, Éric Abbel et Cindy Costes
Édition : Numérique, pour plus d'informations, voir ici
Date de parution : Janvier 2017
Nombre de pages : 129 en numérique
Genre : Nouvelles
Lu en : Septembre 2017

Appréciation à côté de chaque nouvelle ci-dessous

De quoi s'agit-il : Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’un recueil de nouvelles d’auteurs indépendants. Les nouvelles sont sélectionnées après un appel à texte pour n’en garder que 10-12. Le tout est compilé sous forme d’un recueil-journal disponible en ligne au format numérique et totalement gratuit. Chaque auteur dont la nouvelle a été sélectionnée a un petit encart pour parler d’un de ses textes ; de quoi découvrir de nouvelles plumes. Dans ce deuxième numéro, ce sont 11 nouvelles qui sont proposées.
Mon avis : Dans ce deuxième numéro, j’ai repéré une nouvelle superbe : Je m’appelle Marion, la plume de Solenne Hernandez m’a convaincue, je vais tenter de découvrir cette auteure. Sinon, je note La belle retraite de Khalysta Farall qui m’a beaucoup plu, La Sirène de Nathalie Bagadey et Le seigneur du château de Patrice Dumas. C’est la deuxième fois que Khalysta Farall et Patrice Dumas sont dans mon petit top. Autant je connais déjà la première, autant je ne connais pas le deuxième. Au vu de sa deuxième arrivée dans le haut de mon classement, je pense que je peux sans autre lui laisser une chance, je suis assez sensible à sa plume, qui me plaît beaucoup.

Je m’appelle Marion – Solenne Hernandez – Superbe ♥♥♥ C’est la nouvelle qui a donné son look à la couverture, qui est très belle soit dit en passant, tout comme la nouvelle. Je ne m’attendais pas du tout à cela : un texte de toute beauté, empreint de couleurs et de poésie, très beau. Par ailleurs, le sujet lui-même est beau et touchant. Traité en plus de cette façon, j’avoue que j’ai voyagé dans un kaléidoscope de sons et de couleurs que j’ai adoré. Du coup, voilà une auteur que je vais ajouter à ma liste « à découvrir ».

L’Aurore du rock and roll – Selma Bodwinger - bon Le conte de la Belle au bois dormant revu au goût du jour avec beaucoup d’humour. Par moments, je me suis dit que c’était un peu trop « facile », mais finalement, les idées sont au rendez-vous et j’ai bien rigolé. La chute m’a fait sourire. Je ne suis pas une grande consommatrice de ces détournements, mais là, ça passe plutôt bien et les mots d’Aurore ont bien été réécrits dans la bouche d’une ado actuelle.

La belle retraite – Khalysta Farall – très bon ♥ Encore une nouvelles de Khalsta Farall que j’aime beaucoup ! Un peu moins tout de même que Le Monolithe du numéro précédent. Eh oui, c’est dur de noter quand on a déjà lu d’autres nouvelles superbes du même auteur. Une fois n’est pas coutume, on est propulsé dans une futur dystopique, dans lequel tout le monde cherche à atteindre à tout prix sa retraite, quitte à bousiller sa vie actuelle. Un sujet qui fait réfléchir, et qui fait peur, rendant les humains semblables à des robots sans cœur, s’escrimant à travailler et à être rentables, encore et toujours. En quelques lignes, on est déjà dans à 100 % dans l’histoire et on sent que l’univers est bien travaillé.

La sirène – Nathalie Bagadey – très bon ♥ Le début m’a paru un peu en demi-teinte, puis ligne par ligne, j’ai commencé à me poser des questions sur l’identité de cette fameuse sirène ? Les questions ont fusé et la chute a ébranlé toutes mes certitudes, alors que tout était si clair depuis les premiers mots. L’auteure a bien joué avec moi, sans trop en faire, juste ce qu’il fallait.

S.O.S. – Jeanne Sélène - bon La chute est superbe, même si j’ai un peu de peine à imaginer comment ça a pu réellement se produire dans la vie réelle. Le seul souci quand on a une telle chute coup de poing, c’est que le reste n’est pas toujours intéressant. Là, l’auteure a tout de même réussi à nous intéresser au parcours de son personnage principal. En revanche, la présentation des personnages secondaires n’a pas trouvé grâce à mes yeux.

Le petit chat est mort – Nicolas Chevolleau – faible ♠ J’avoue que je suis passée complètement à côté…

Le seigneur du château – Patrice Dumas – très bon ♥ Très belles descriptions, univers bien ancré, chute à laquelle je ne m’attendais pas du tout, rien à dire, contrat rempli. J’avais déjà aimé sa nouvelle du volume 1. La plume de l’auteur me convient bien. Ajouté à ma liste « à découvrir ».

Le Vagabond – Alan Spade – faible ♠ Selon moi, le thème est bon, mais peu compatible avec le format nouvelle. Trop de non-dits, manque d’histoire du fond des personnages, du lieu, de l’époque et des croyances locales. Trop de personnages pour pas grand-chose, trop d’éléments sur si peu de pages qu’on enchaîne le tout sans réelle saveur. Dommage. Par contre, je suis persuadée que sur un format plus long, ce thème a clairement toutes ses chances, parce que j’ai eu envie d’en savoir plus.

Les vacances de Madame Michard – Hélène Ourgant – bon Hahaha, je ne m’attendais pas à ça, la gentille petite concierge qui aura passé des vacances particulières. Une petite touche d’humour qui vient se mêler à l’effroi quand Madame la concierge explique ses décisions. Pas mal du tout.

À l’abri – Éric Abbel - moyen Je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé, mais il me manquait vraiment un fond plus travaillé, probablement impossible sur une nouvelle aussi courte. La fin est chouette, l’idée est bonne, mais j’aurais aimé pouvoir m’ancrer dans un lieu, une époque, une catastrophe. J’ai trop eu l’impression que cette histoire était « quelconque », apatride en quelques sortes. Mais elle n’est pas mauvaise pour autant.

Le Voyage – Cindy Costes – bon Il s’agit du genre de nouvelle à laquelle il faut revenir une fois que l’on connaît la chute. J’ai trouvé le début long et quelconque, mais connaissant la fin, elle me semble plutôt adéquate. Une belle histoire, même si elle comporte le risque de paraître avoir un rythme un peu lent pour le lecteur. C’est le problème, l’histoire est sympathique, mais qu’une fois la lecture achevée. Malheureusement avant d’arriver à la fin, le tout est un peu austère. Malgré tout, j’ai trouvé cette nouvelle très belle.

Je vous conseille fortement, génial pour découvrir de nouveaux auteurs !

dimanche 17 septembre 2017

Indé panda, volume 1 (octobre 2016) - COLLECTIF

Titre : Indé panda, volume 1
Auteur : Nathalie Bagadey, Patrice Dumas, Marie Havard, Edith Couture Saint-André, Dean Venetza, Ghaan Ima, Balthazar Tropp, Bouffanges, Amria Jeanneret, Philippe Deniel, Khalysta Farall et Véronique Gault.
Édition : Disponible en numérique gratuitement et légalement ici
Date de parution : Octobre 2016
Nombre de pages : 105
Genre : Nouvelles
Lu en : Septembre 2017

voir estimation ci-après par nouvelle

De quoi s'agit-il : Je me suis lancée dans la lecture du premier volume de l’Indé panda. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’un recueil de nouvelles d’auteurs indépendants. Les nouvelles sont sélectionnées après un appel à texte pour n’en garder que 10-12. Le tout est compilé sous forme d’un recueil-journal disponible en ligne au format numérique et totalement gratuit. Chaque auteur dont la nouvelle a été sélectionnée a un petit encart pour parler d’un de ses textes ; de quoi découvrir de nouvelles plumes.

Mon avis : Dans ce premier numéro, il y a 12 nouvelles, de taille et de genre variables, mais aussi, malheureusement, de qualité variable selon moi. Voici un petit aperçu nouvelle par nouvelle de ce qui m’a plu ou non.

Dépendance – Nathalie Bagadey - bon
Nouvelle courte, sympathique, qui m’a fait sourire. Une très bonne idée pour lancer ce premier numéro !

Le Chef d’œuvre de Maître Osato – Patrice Dumas – très bon ♥
Un Japonais passe sa vie à peindre des boîtes en bois. Rythme doux, qui a su me ramener en quelques secondes au Pays du soleil levant. L’auteur sait de quoi il parle, les descriptions sont belles. Une fenêtre ouverte sur un autre monde l’espace de quelques minutes, jusqu’à une fin mémorable ! J’ai été déstabilisée par cette fin, bien joué, je m’en rappellerai, c’est sûr !

La Femme sans visage – Marie Havard – faible ♠
Format qui ne convient pas vraiment à une nouvelle je trouve, peut-être mieux en roman. Manque cruellement de descriptions, rendant certaines scènes peu crédibles, farfelues voire ridicules. Beaucoup de fautes d’orthographe. Rythme saccadé, histoire décousue, dialogues téléphonés entre deux personnages qui savent déjà ce qu’ils se disent. Pas ma tasse de thé et je cherche encore la chute (?).

A cœur perdu – Edith Couture Saint-André – faible ♠
Des phrases un peu trop alambiquées pour moi pour réellement apprécier cette lecture. L’exercice de la nouvelle demande quand même un minimum de nervosité et de dynamisme que je n’ai pas du tout retrouvé dans cette lecture. De plus, le mélange d’un vocabulaire un peu trop savant à des mots plats et courants m’a semblé curieux.

Je trouve qu’il manque des éléments de temporalité, on ne se rend pas vraiment compte du temps qui passe, mis à part grâce au découpage en « chapitres ». La fin me semble peu probable est complètement non déontologique. Cependant, quelque chose me fait dire que l’auteure doit savoir manier le roman, et que l’exercice de la nouvelle n’est pas quelque chose d’habituel. Je me trompe peut-être, mais j’ai l’impression de retrouver une patte « roman », du coup, peut-être à tester un jour.

L’Horloger – Dean Venetza – superbe ! ♥♥♥
Waouw ! Là, on voit que l’auteur sait manier la nouvelle ! L’univers est riche derrière la nouvelle, on sent qu’il en a encore sous le pied et j’ai très envie de découvrir plus en avant ce monde particulier. En plus, le sujet est abordé sous un angle qui me plaît bien avec ces horlogers particuliers. Je vois que l’auteur utilise cet univers dans d’autres textes, j’ai hâte de les découvrir. J’en veux plus, ça, c’est sûr.

Celui qui protège – Ghaan Ima – très bon ♥
Pas mal du tout, même si j’ai trouvé le début un peu en dessous de la deuxième moitié, qui, elle, est explosive ! Je vois que cette nouvelle s’inspire du monde créé par l’auteure dans l’un de ses romans, je vais peut-être me laisser tenter.

Crocodile – Balthazar Tropp - bon
Sympa, direct (peut-être un tout petit peu trop à certains endroits) et qui fait réfléchir. Disons que j’ai apprécié son personnage un peu atypique, ça fait plaisir de sortir des sentiers battus de ce côté-là. La fin arrive peut-être un peu abruptement, on sent presque l’envie de l’auteur de continuer à parler de son cher crocodile qui a l’air de lui tenir à cœur.

Votez Blanc ! – Bouffanges - bon
Intéressant et qui fait réfléchir. Après, j’avoue que la politique française ne m’intéresse pas des masses. Heureusement, ce n’est pas là le message que veut faire passer l’auteur. Cependant, bien sûr, lorsque certains noms sont cités, je reste parfois un peu de marbre alors qu’un citoyen français y verra sûrement un message plus fort. On va dire que sous forme de nouvelle, ça va très bien, je ne me serais pas vue lire un roman de 500 pages sur le sujet par contre. En tout cas, j’ai apprécié l’idée de fond sur laquelle je médite encore.

Ad vitam aeternam – Amria Jeanneret - bon
Tout à fait correct. Pas ma nouvelle préférée, mais elle se laisse lire. La chute est très sympa. Par contre, j’ai trouvé certains monologues intérieurs un peu longs par rapport à « l’action » elle-même : léger déséquilibre selon moi.

Photos volées – Philippe Deniel – bon
Une nouvelle toute courte qui m’a fait sourire. Une très bonne idée, il fallait y penser. Après, je ne peux pas en dire beaucoup plus, sinon, je gâche tout.

Le Monolithe – Khalysta Farall – superbe  ! ♥♥♥
Ah la la ! On sent que l’auteure est à l’aise avec les nouvelles ! Comme pour L’horloger, on est dedans en quelques secondes. On sent qu’il y a tout un univers réfléchi là-derrière et qu’elle nous les couche sur papier à son bon vouloir, évitant même par moments de nous donner toutes les clés, tant il est clair que son univers est « normal » pour les personnages. C’est génial, parce que nous avons suffisamment d’éléments pour suivre facilement, avec la volonté d’en savoir plus sur son univers. Elle arrive nous avoir à sa botte après quelques lignes, bien joué.

La Mouche – Véronique Gault – très bon ♥
Je ne voyais pas du tout où l’auteure voulait nous emmener, et ça m’intriguait, parce qu’il y avait forcément une solution. Je sentais qu’elle était là, tout près, tangible, mais non… Et tout à coup, la chute arrive, gros éclat de rire, mais c’est bien sûr ! Simple, rapide, efficace et drôle. Réussi, et j’ai rigolé, bon mélange.

Pour résumé, du bon et du moins bon. Dommage pour les quelques fautes retrouvées çà et là au fil des nouvelles (plus dans certaines que d’en d’autres cela dit). Ce qui est sûr en finissant ce numéro, c’est que je vais suivre Dean Venetza, car j’ai adoré sa nouvelle. (Khalysta Farall, je connais déjà, sa nouvelle vient juste appuyer le fait que j’aime ce qu’elle écrit.) Sinon, pour sa plume et ses idées, je vais me renseigner sur Patrice Dumas. Et surtout, je vais lire les numéros 2 et 3 ! Je me dis que ce premier numéro un peu « surprise » a peut-être déstabilisé certains auteurs. Maintenant qu’ils savent à quoi s’attendre, la suite ne peut être que meilleure. Je vais comparer les noms et me préparer une petite liste d’auteurs à découvrir, huhu.

En tout cas, n’hésitez pas, venez découvrir l’Indé panda. C’est gratuit et c’est bien ! https://lindepanda.wordpress.com/

Une superbe initiative pour découvrir de nouvelles plumes indépendantes :D

samedi 16 septembre 2017

Cinquante Nuances (trilogie) - E. L. JAMES

Titre : Cinquante Nuances de Grey (#1)
Titre original : Fifty Shades of Grey
Auteur : E. L. James
Édition : JC Lattès
Nombre de tomes : 4
Date de parution : 2012
Nombre de pages : 551
Genre : Érotique (romance)
Décor : USA
Lu en : Février 2015

6/10

Quatrième de couverture : Lorsqu’Anastasia Steele, étudiante en littérature, interviewe le richissime jeune chef d’entreprise Christian Grey, elle le trouve très séduisant mais profondément intimidant. Convaincue que leur rencontre a été désastreuse, elle tente de l’oublier – jusqu’à ce qu’il débarque dans le magasin où elle travaille et l’invite à un rendez-vous en tête-à-tête.

Naïve et innocente, Ana ne se reconnait pas dans son désir pour cet homme. Quand il la prévient de garder ses distances, cela ne fait que raviver son trouble.

Mais Grey est tourmenté par des démons intérieurs, et consumé par le besoin de tout contrôler. Lorsqu’ils entament une liaison passionnée, Ana découvre ses propres désirs, ainsi que les secrets obscurs que Grey tient à dissimuler aux regards indiscrets…


Mon avis : Bon, je n'ai lu que le tome 1, alors je ne sais pas comment ça se passe par la suite. J'ai aussi lu à plein d'endroits des analyses et des avis cinglants sur les violences conjugales. Honnêtement, après avoir terminé la lecture du tome 1 (que j'ai lu mi en anglais et mi en français et que j'ai trouvé laaargement plus soft en anglais cela dit en passant) je suis complètement hallucinée par cette analyse. De la violence conjugale ? Ana accepte, apprécie et en redemande à chaque fois... Elle dit régulièrement être gênée, humiliée, blessée... ça m'avait choquée sur le moment. Mais quelques lignes plus tard, elle admet avoir malgré tout aimé ça et en redemande encore. Donc du coup, j'ai l'impression qu'elle aime ça, mais qu'elle n'arrive pas encore à l'admettre...

Après, Christian est quand même un saligaud, et il y a certaines choses que je n'aurais jamais acceptées (même dans une relation sans SM). Par exemple, le fait qu'il choisit et commande la vie d'Ana. Mais là aussi, rien ne l'empêche de lui dire non, de refuser, de le quitter... Mais elle reste, elle se résigne et elle le fait (après quelques négociations à chaque fois). Alors oui, elle a l'air un peu bébête, mais jusqu'à preuve du contraire, elle n'a pas un couteau sous la gorge, elle est "amoureuse".

En plus, à un moment, on sait ce qu'elle ressent pendant une scène de fessée un peu crue. Elle sait le mot d'urgence qui lui permettrait de tout arrêter, mais elle ne l'utilise pas... Pourquoi ? Après, cette "punition", lorsque Christian veut lui faire un câlin tout gentiment, elle le rejette, elle lui dit non. Mais de nouveau, pourquoi ? Il lui suffisait de mettre fin avec ce fameux mot (c'est pas comme si Christian ne le lui avait pas répété 15 fois dans le même chapitre en plus !) Finalement, je comprends que Christian soit troublé... Comment peut-il s'imaginer qu'elle lui en veuille ? Elle n'a rien dit, elle a souffert en silence, alors qu'elle semblait ne pas aimer ça, mais elle le cache. Cette scène m'a donné envie de hurler, mais pas contre Christian, contre Ana ! Mince à la fin, qu'elle parle si elle n'aime pas ça, qu'elle lui dise stop. En fait, elle endure des choses qu'elle n'apprécie pas (pour cette scène-ci) ou qu'elle n'ose pas avouer aimer (alors qu'elle semble prendre son pied), par amour. Un amour destructeur, qui ne la rend pas totalement heureuse, qui lui fait faire des choses en désaccord avec ses valeurs. Mais ce n'est pas de la faute de Christian (je répète, en tout cas dans le tome 1). Dès le début il lui répète que ce n'est pas un homme bien, qu'il n'est pas fait pour elle. Et non, elle reste.

Après, honnêtement, je ne connais pas les us et coutumes des amusements pimentés à la sauce SM, mais en tout cas, je n'y vois pas (vraiment) de violence conjugale. Dans le sens où elle n'a qu'à dire non (nom di djou !). Ils se mettent d'accord sur un mot pour tout arrêter, ben... Qu'elle l'utilise ! Qu'elle parte si elle est malheureuse. Qu'elle fixe de nouvelles limites si elle ne se sent pas prête à les franchir, c'est tout ! En plus, quand je vois que certains critiquent le livre parce que cela donne une mauvaise image du SM, (peut-être, je n'ai toujours pas lu la suite) mais moi, ce n'est pas ça qui m'a marquée dans l'histoire. On voit clairement que Christian est un saligaud (même dans sa vie de tous les jours). Il a le pouvoir et a l'habitude qu'on lui obéisse, ça a dû lui monter à la tête et il reproduit peut-être certaines choses dans ses jeux sexuels. Mais pour moi, ce n'est pas l'image du SM qui est mise en cause, mais le sale caractère de monsieur. Et en ce qui concerne Ana, on voit bien que c'est l'archétype de la pauvre gourde amoureuse qui est prête à tout par amour... Alors oui, il profite peut-être un peu. Mais franchement, à la place de Christian, il y a des choses que je n'aurais pas comprises non plus. (Genre pourquoi Ana me rejette-t-elle parce que je lui ai donné six fessées ? Mince quoi, je lui en ai données six, elle avait largement le temps de me dire qu'elle voulait arrêter ?)

Je tiens à dire que la version originale est nettement plus soft, les termes sont moins crus et moins vulgaires (nettement plus érotiques et sensuels). J'ai souffert quand je suis passée à la version française, mais j'ai continué pour voir ce que ça donnait. Je n'ai pas lu la suite, donc je ne sais pas si tout le pan "violences conjugales" arrive après, si tel est le cas, je n'ai rien dit, car bien entendu, je ne suis pas pour les violences conjugales. Je n'ai pas non plus vu le film, peut-être va-t-il plus loin dans ce qu'il montre que le livre, je ne sais pas. Parce que certains actes m'auraient profondément gênée si je n'avais pas eu la petite voix intérieure d'Ana, nous expliquant qu'elle trouvait ça bon. Je me dis que forcément, dans le film, on va peut-être pas mettre une scène de fesses avec la voix d'Ana pendant l'acte qui nous dit qu'elle trouve ça bon... Du coup, on se sent peut-être plus dans le rôle du voyeur que dans le livre où les passages gênants sont approuvés par madame. Pour finir, il ne faut pas oublier que les personnages sont des bons gros clichés de base : le vice et la pucelle qui tombent amoureux au premier regard, sans aucun autre explication... Comme par hasard, monsieur est riche, comme par hasard, madame n'a plus aucune force de caractère en présence de monsieur. Que les amateurs de SM trouvent que ce couple ne rend pas hommage aux pratiques SM, je peux comprendre, parce que la même histoire sans scènes SM, j'aurais eu le même avis : ce couple ne rend pas hommage à la pratique de l'amour non plus... Selon moi, c'est plus un problème de protagonistes que de représentations des pratiques SM.

Enfin bref, ça me dérange un peu ces histoires de violences conjugales... Parce que j'avais commencé ce livre bien avant que ces critiques foisonnent de tous côtés et j'avais plus ou moins apprécié ma lecture jusqu'à ce moment-là. J'ai été profondément choquée de me dire que j'étais potentiellement en train d'apprécier un livre qui présente la violence conjugale comme étant quelque chose de normal, de bien, d'excitant... J'ai donc repris ma lecture avec un œil de lynx et j'avoue que tout ce que j'en ai trouvé jusqu'à la fin, c'est qu'Ana est vraiment une gourde et Christian en profite. (Mais c'est un peu normal... Si elle ne se plaint pas et dit aimer, pourquoi ne pas continuer et proposer d'aller plus loin ?)

Clairement mieux en VO qu'en VF. Et quant à la polémique "violence", il n'y a pas de quoi fouetter un chat...

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Titre : Cinquante Nuances plus sombres (#2)
Titre original : Fifty Shades darker (#2)
Auteur : E. L. James
Date de parution : 2011
Nombre de pages : 710
Décor : USA : Seattle (WA), Portland (OR)
Lu en : Septembre 2016

2/10

Quatrième de couverture : Dépassée par les sombres secrets de Christian Grey, Ana Steele a mis un terme à leur relation pour se consacrer à sa carrière d'éditrice. Mais son désir pour Grey occupe toujours toutes ses pensées et lorsqu'il lui propose un nouvel accord, elle ne peut y résister. Peu à peu, elle en apprend davantage sur le douloureux passé de son ténébreux M. Cinquante Nuances, toujours aussi passionné. Tandis que Christian lutte contre ses démons intérieurs, Ana doit prendre la décision la plus importante de sa vie.

Mon avis : Ceux qui me connaissent savent que je lis cette saga principalement pour mon travail de mémoire. (Critique de la traduction française notamment.) Mais j’avais bien aimé le tome 1, il ne casse pas des briques, mais ça passait. Là, en comparaison, le 2 est d’un ennui mortel et répétitif au possible. Je précise tout de suite que je vais parler du roman en tant que tel sans effleurer les sujets qui font polémique autour de cette saga, car je ne veux en rien ouvrir un quelconque débat là-dessus.

Pour commencer, je ne comprends absolument pas pourquoi ce roman est aussi long ! Vraiment, si on coupe toutes les scènes identiques, qui vont jusqu’à utiliser les mêmes phrases (oui, oui !), je pense qu’on arrive à sauver un petit cinquième grand maximum. Quel remplissage ! Et ce terme me fait bien rire vu qu’il est utilisé pour décrire l’acte sexuel, mmmm, ça donne envie hein, quel romantisme. Heureusement que je lisais sur liseuse, parce que je pense que j’aurais fini par arracher des pages à force de voir passer les « caresses expertes », « la langue virevoltante » et autres expressions bateau qu’on retrouve toutes les 30 pages, passionnant, n’est-ce pas ?

Niveau écriture, je ne vais pas m’étendre là-dessus, contrairement à Christian sur Ana… C’est vraiment plat et mou (pas comme Christian… Bon, d’accord, j’arrête). Et quelquefois j’ai explosé de rire en remarquant des phrases de remplissage hilarantes car complètement vides de sens. Par exemple « il porte son jeans, sa chemise et c’est tout. » Ouais, d’accord, genre il est habillé hein, que d’érotisme, ça valait la peine de me donner cette description, tiens… Une autre perle : « mon maquillage se réduit au minimum pour avoir l'air naturel. Crayon pour les yeux, mascara, un peu de fard à joues rose et un rouge à lèvres rose pâle. » Je ne sais pas pour vous, mais se mettre déjà quatre types de produits différents sur la face, moi j’appelle ça être maquillée.

Sinon, je vous passe toutes les exagérations de toutes sortes, comme les 100'000 dollars que Christian gagne chaque heure… Non mais vraiment, était-ce nécessaire de lui faire gagner une telle somme, vraiment, c’est bon, on a compris qu’il est riche, pfff.

Je vais faire un tour sur l’histoire elle-même, qui est, heu… ce qu’elle est… C’est du « je t’aime, en fait non, en fait oui, mais non », on voit qu’Ana ne sait pas du tout ce qu’elle se veut et elle est insupportable. Christian est lui aussi insupportable, possessif et étouffant au possible, perso, un homme comme ça, ça me ferait peur et je l’enverrais voir ailleurs assez vite.

Les scènes à caractère sexuel ne sont pas particulièrement intéressantes, elles se ressemblent toutes. Au point qu’elles deviennent ennuyeuses au possible, on espère que les deux protagonistes fassent autre chose que l’amour, histoire de se désennuyer un peu, et pour un livre érotique, c’est pas bon signe… Le livre qui perd même sa raison d’être… Bien joué, j’avais jamais vu ça.

Par ailleurs, il y a un élément que je ne pardonne pas à cette histoire, c’est le « diagnostic » du sadomasochisme de Christian. Pardon pour le spoil pour ceux qui par hasard voudrait l’apprendre, au pire arrêtez votre lecture là, mais savoir qu’il fait ça parce que les petites brunettes qui lui servent de soumises lui rappellent sa mère qui l’a fait souffrir. Alors du coup, il veut se venger et faire du mal à ces femmes qui lui font penser à sa mère. Heu… On ne pouvait pas avoir un mec ouvert sur sa sexualité qui s’éclate dans sa relation SM ? Non, il faut que ce soit lié à un problème psychologique qu’il faut soigner, ah ouais, c’est excitant ça…

Bref, du coup je ne comprends pas l’intérêt de ce tome, le piquant est parti, les réactions étranges de Christian sont maintenant des problèmes psychologiques et il passe pour une espèce de gros pervers manipulateur surprotecteur et possessif. Trop émoustillant !

Donc on va dire que j’ai de la matière pour mon mémoire, mais j’ai souffert pour me l’enfiler celui-là (à l’instar d’Ana… Non, j’avais dit que j’arrêtais ! Haha). Donc franchement, autant le tome 1, pourquoi pas, il est sympa, surtout en VO, parce que la VF est vraiment douteuse, mais le tome 2, heu… Non, juste non. Me réjouis pas de lire le tome 3, mais je n’ai pas trop le choix.

Tome 1 sympa, mais ce tome 2 est répétitif, long, ambigu, ennuyeux... Zzzz

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Titre : Cinquante Nuances plus claires (Cinquante Nuances#3)
Titre original : Fifty Shades Freed
Auteur : E.L. James
Date de parution : 2012
Nombre de pages : 720
Genre : Érotique (romance).
Décor : Washington et Oregon (USA), France, Angleterre
Lu en : ici

2/10

Quatrième de couverture : A présent réunis, Ana et Christian ont tout pour être heureux : l'amour, la fortune, et un avenir plein de promesses. Ana apprend à vivre dans le monde fastueux de son M. Cinquantes Nuances sans perdre son intégrité ni son indépendance tandis que Grey s'efforce de se défaire de son obsession du contrôle et d'oublier son terrible passé. Mais bientôt, alors que tout semblait leur sourire, le destin les rattrape et leurs pires cauchemars deviennent réalité... Un happy end est-il possible pour Grey et Ana ? [b]Note : Ahhhh oui, c'est vrai qu'on se demande, on n'imagine pas DU TOUT comment ça va finir depuis les 50 premières pages du tome 1 ! Mystère...[/b]

Mon avis : Dans ce tome, on retrouve Ana et Christian après leur mariage, en lune de miel, et autant dire, que ça baise dur, au milieu des yachts, réceptions et soirées hors de prix. Et on s’achète des robes à 850 $, ben oui, elle est riche maintenant la petite Ana, mais ça la gêne d’acheter des trucs chers… La pauvre petite pétée de thunes qui culpabilise d’avoir des sous ! J’ai envie de dire que si ça la gêne, qu’elle s’achète une robe à un prix décent hein, c’est tout…

Sinon, que dire de plus. Dans ce tome, ça couche un peu moins par-ci par-là, parce qu’il y a une sous-intrigue (eh oui, vous avez bien entendu, il y a une sorte d’intrigue dans Cinquante Nuances plus claires). On a le droit à quelques scènes de presque action, du coup, ça se lit très vite, mais du coup, si vous lisiez ce livre pour ses frasques sexuelles, vous allez être déçus, vraiment.

Bon, passons encore sur le fait qu’à un moment donné Ana se balade comme si de rien 5 millions de dollars sur elle… Précisons tout de même que s’il s’agit de grosses coupures, ça fait tout de même une pile de 6,2 mètres de billets, pour un poids total de 50 kilos, qui remplissent donc environ deux gros sacs-poubelles de 35 litres. Tellement discret, et surtout, tellement crédible, à l’image de toute cette saga.

Le pire dans tout ça, c’est qu’avec les promesses de Christian pendant les nombreuses parties de baise depuis le tome 1, du genre « un jour, je vais te faire ça ou ça », je suis déçue de ne pas avoir lu ces scènes en question, parce que oui, le Christian, il se relâche. Certes, il reste selon ses mots « une érection ambulante » (au moins il est conscient de l’image qu’il renvoie dirons-nous), mais il calme ses ardeurs. Malgré tout, même en calmant ses ardeurs, il arrive être à côté de la plaque, gênant… rien ne change dans le rouge feu de la salle de jeux, et Ana est toujours aussi tarte, vraiment, rien ne change.

En plus, j’ai été « ravie » de retrouver la traduction de Denyse Beaulieu, qui me semble toujours aussi mauvaise, comme pour le tome 1. Là en plus, j’ai eu la chance de découvrir les multiples usages du qualificatif « cochon » utilisé n’importe comment et à tout va, sans oublier les fameux « la vache » (quel bestiaire !) et ce genre d’exclamations à la « ouh là », « bordel de merde » et autres joyeusetés.

Bref : c’est nuuul !

jeudi 14 septembre 2017

Les Moissonneurs stellaires (tomes 1 & 2) - Khalysta FARALL

Titre : Six (Les Moissonneurs stellaires#1)
Auteur : Khalysta Farall
Édition : Sophie Quesse
Nombre de tomes : 1 pour l'instant
Date de parution : Août 2016
Nombre de pages : 292
Genre : Science-fiction
Décor : Espace
Lu en : Juillet 2017

10♥/10

Quatrième de couverture : « Ils sont arrivés un jour et ont détruit notre planète… ».

C’est en entendant répéter cette phrase que Cowl, un jeune pilote, a grandi sur une flotte spatiale. Fuyant un ennemi que nul ne semble avoir vu depuis longtemps, les derniers humains avancent inlassablement dans les espaces inconnus et inexplorés sans jamais se fixer nulle part. Mais un jour, alors qu’il explore une nouvelle planète, Cowl trouve une jeune fille étrange et partiellement amnésique.

Qui est-elle ? D’où vient-elle ? Et surtout, comment se fait-il qu’elle sache autant de choses sur la Terre et ce qui s’y est passé des siècles auparavant ?


Mon avis : J'ai eu la chance de gagner ce livre grâce à un concours organisé par Khalysta Farall. Autant dire que j'ai sauté de joie, puisque j'avais déjà lu Le Vaisseau du Cristal que j'avais adoré ! Donc j'ai vite plongé dedans.

Dès les premières pages, j'ai retrouvé ce qui m'avait plu dans Le Vaisseau du Cristal : un univers de science-fiction passionnant, un peu mystérieux, mais très accessible, parce que les personnages vont l'arpenter pour en présenter les différentes particularités.

Ici, on suit les aventures de Cowl, un pilote de vaisseau, qui va découvrir une planète inconnue, sur laquelle il va rencontrer une jeune femme, Six, avec qui il va tisser des liens d'amitié. Elle va lui parler de son passé et lui révéler des informations qui vont changer non pas que la vision de son monde, mais de l'univers tout entier !

L'univers est bien réfléchi, les personnages sont bien distincts et on s'y attache assez vite, qu'ils soient humains ou robotiques. Khalysta Farall a réussi à donner vie à des robots très particuliers, des Échos, créés dans un but qu'elle explique bien au fil des pages et auquel j'ai totalement adhéré. Elle a également réussi à les doter de personnalités intéressantes, qui m'ont fait sourire quelquefois et m'a permis de les voir rapidement comme des personnages à part entière et non de simples boîtes de conserve.

J'ai vraiment hâte de découvrir la suite, parce que la fin de ce premier volet nous donne vraiment envie d'en savoir plus, même si j'avoue que pour une fois, ce premier tome n'est pas qu'un « tome à visée introductive », non, il sert, certes, d'introduction, mais nous offre déjà pas mal de contenu, ce que j'ai grandement apprécié.

Je recommande donc vivement, aussi bien aux amateurs de science-fiction qu'à ceux qui ne connaissent pas trop ce genre, puisque ce roman permet d'arpenter rapidement un univers intéressant et facilement accessible, qui ne laissera personne sur le perron. Et MERCI de ne pas avoir choisi des noms imprononçables contenant au moins 20 lettres dont 17 consonnes ! Quel plaisir de ne pas devoir s'arrêter à chaque nom !

En deux mots comme en cent : à lire !

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Titre : Mirage (Les Moissonneurs stellaires#2)
Auteur : Khalysta Farall
Date de parution : 2017
Nombre de pages : 225
Décor : Six, espace
Lu en : Septembre 2017

9/10

Quatrième de couverture : Cela fait déjà un an, et pourtant Cowl a toujours du mal à se remettre de leur victoire. La colonisation a débuté et il reste tant de choses à faire... Mais, indifférent à cet engouement, le jeune pilote ne cesse de se questionner sur ce qu'il aurait dû faire ce fameux jour. Pourtant quelque chose va réussir à le sortir de ses sombres pensées. Quelque chose... ou quelqu'un ? Car il se sent observé. Là, entre les feuillages de la forêt qui entoure leur nouveau refuge, une paire d'yeux semble le suivre. Ce regard est-il réel, ou bien n'est-il que le mirage de la culpabilité ?

Mon avis : Il y a quelques semaines, Mirage, le tome 2, est sorti. Une fois mes lectures commencées ou imposées finies, je me suis plongée dedans avec grand plaisir de retrouver Cowl et ses comparses.

J'ai été ravie de retrouver l'univers que j'avais arpenté dans Six et d'en apprendre plus sur la planète nommée Six. On y découvre tout un bestiaire d'animaux étranges et souvent dangereux, et on retrouve Cowl, dans l'état qu'on imagine après la fin du premier tome.

Il tente de redonner un sens à sa vie, mais ce n'est pas toujours facile. Bien sûr, il pourra compter sur l'aide de Trixy, qui va s'avérer, à plusieurs reprises, être la casse-bonbons de service. S'ensuivent souvent des répliques un peu cassantes et pleine d'humour entre le garçon et son Écho. Ces passages sont rigolos, mais permettent aussi de rendre les deux personnages encore plus indispensables l'un pour l'autre, entre confiance et amitié, c'est chou.

Puis un événement vient perturber ce quotidien un peu plat, et là, tout s'enchaîne rapidement. Je ne vous en dis pas plus, mais on va se retrouver à bord d'un vaisseau éclaireur dans l'espace, et ça, j'ai adoré. On ne se repose pas sur ses lauriers quand on est un pilote, surtout quand la menace rôde. Et quelle menace ! Je ne l'avais vraiment pas vu venir, et ça, j'apprécie ! VRAIMENT !

Seul petit bémol, j'aurais aimé avoir quelques petites descriptions de plus, notamment dans l'espace, pour me représenter un peu mieux les différentes vaisseaux vu de l'extérieur par exemple. Mais mis à part ça, rien à dire, j'ai lu avidement les pages qui défilaient devant mes yeux, triste d'avance de voir leur nombre diminuer drastiquement.

La suite, la suite, la suite !

mardi 12 septembre 2017

Le meurtre d'O'Doul Bridge - Florent MAROTTA

Titre : Le meurtre d'O'Doul Bridge
Auteur : Florent Marotta
Édition : Taurnada
Date de parution : 7 septembre 2017
Nombre de pages : 248
Genre : Thriller, policier
Décor : San Fransisco (USA)
Lu en : Septembre 2017

9/10

Quatrième de couverture : San Francisco, sa baie, son océan, sa population cosmopolite. C'est dans cette ville de l'Ouest américain que Michael Ballanger a décidé de se reconstruire. Loin de sa famille en lambeaux, loin de la France où un tueur en série mit sa vie en miettes. Le coach de vie à succès renaît avec la difficulté qui suit la perte d'un être cher. Mais le voilà mêlé au meurtre d'un notable. Au moment de mourir, l'homme a composé un numéro, le sien. Alors la tourmente l'emporte. Réveillant les douleurs du passé.

Mon avis : J’ai eu la chance de recevoir un nouveau livre de la part des éditions Taurnada : Le Meurtre d’O’Doul Bridge de Florent Marotta. J’ai déjà lu deux romans de cet auteur : un thriller (Le Visage de Satan) et un fantasy (Yzé et le palimpseste) ; et j’ai adoré ces deux lectures, je trépignais donc de découvrir ce nouveau roman.

Michael est coach de vie français expatrié à San Fransisco. Le quotidien suit son cours jusqu’au jour où Michael se retrouve dans la ligne de mire de la police dans une affaire de meurtre. Les souvenirs noirs de sa vie passée refont surface et il va se battre pour faire éclater la vérité, pour ne pas sombrer.

Un roman comme je les aime, à la longueur parfaite : on ne se perd pas dans des longueurs inutiles, mais on ne court pas un sprint les yeux fermés sans avoir le temps d’apprécier les choses. Florent Marotta a le don de réussir à donner une belle profondeur à ses personnages en quelques pages et, très rapidement, on a l’impression de les connaître intimement. J’adore, parce qu’on est tout de suite dans le feu de l’action.

D’ailleurs, en parlant d’action, ce roman n’en manque pas. Le meurtre d’un homme va mener Michael à enquêter sous le manteau. J’ai aimé la détermination de ce personnage hors normes, ses blessures du passé, qui refont surface au bon moment pour captiver le lecteur, son courage dans une situation difficile.

Je crois qu’il n’y a pas besoin de tergiverser plus longtemps : Florent Marotta est un auteur accompli, capable de jeter les bases d’une histoire riche et d’offrir aux lecteurs des personnages profonds, atypiques et complexes en un temps restreint, ce qui permet de se plonger pleinement dans l’action dès les premières pages. Ajoutons à cela une plume qui me plaît, quelques pointes d’humour dans la bouche des personnages qui m’ont toujours fait sourire et une enquête qui se tient parfaitement. Rien à dire de plus : un très bon livre.

Merci aux édition Taurnada de m’avoir fait découvrir ce nouveau titre !

Très bonne lecture, très bon moment passé, à lire !