lundi 22 mai 2017

Mais t'as tout pour être heureuse - Nicole DE BURON

Titre : Mais t'as tout pour être heureuse
Auteur : Nicole de Buron
Édition : J'ai Lu
Date de parution : 1996
Nombre de pages : 192
Genre : Humour (chick-lit)
Décor : France
Lu en : Février 2017

4/10

Quatrième de couverture : Assaillie plus que de coutume par ses compagnes des mauvais jours, « angoisse » et « pieuvre géante », Madame réalise qu'il est grand temps de consulter. Que faire de sa vie lorsque ses enfants sont grands et que son mari est parti planter des pommiers ? La dépression est un mal bourgeois, peut-être ? A coup de considérations avisées sur le genre humain, entrecoupées de lucides analyses de ses états d'âme, notre héroïne s'en sortira et nous entraînera dans de grands éclats de rire.

Mon avis : J’ai pas mal de livres de Nicole de Buron à la maison, parce que ma mère aimait beaucoup à l’époque. Je me rappelle en avoir lu un ou deux qui m’avaient bien plu il y a plus de 10 ans. J’ai décidé d’aller farfouiller là-dedans, en choisissant de préférence parmi les titres inconnus. Mauvaise pioche je suppose…

Mais t’as tout pour être heureuse, est, comme il est habituel chez de Buron, une sorte de résumé de sa vie, mais en utilisant le pronom « vous », pour nous mettre dans sa peau. Dans cet « épisode », on a droit à la dépression du personnage central/l’auteure. Alors, forcément, ce n’est pas très drôle, et certains traits d’humour peuvent tomber à plat, et je pense qu’ils pourraient même fortement énerver ceux qui connaissent bien les affres de la dépression. Bien sûr, il y a toujours quelques passages rigolos, notamment lorsqu’elle se questionne sur ce qu’elle peut bien acheter à l’Homme pour Noël.

Dans l’ensemble, je n’ai pas trouvé ce livre très drôle. D’ailleurs, je pense qu’il s’agit de romans qui vieillissent très mal. Je ne suis pas vraiment en faveur du politiquement correct, loin de là, mais il y a quand même quelques termes ou expressions qui sonnent très très mal. Surtout parce qu’il est très difficile de savoir si l’auteure utilise ce mot « pour rire » ou non. (Parlons notamment des estrangères avec lesquels je ne sais pas sur quel pied danser…) Bon, je ne vais pas peindre le diable sur la muraille, en rentrant dans un débat quelconque, mais en tout cas, dire que ça vieillit assez mal.

Bon, je pense que je vais retourner sur un titre connu, histoire de voir si c’est moi qui n’aime plus du tout ce genre d’humour, ou si je suis tombée avec ce titre et Docteur, puis-je vous voir avant six mois sur deux de ces romans moins drôles, plus axés sur les petits problèmes de son quotidien de pseudo petite bourgeoise qui se plaint à tort et à travers et pour un rien.

Mauvaise pioche, je n'ai pas ri, le personnage principal se plaint non stop et je trouve que cet humour vieillit très mal

vendredi 19 mai 2017

Le Vide - Patrick SENÉCAL

Titre : Le Vide
Auteur : Patrick Senécal
Édition : Fleuve Noir
Date de parution : 2007
Nombre de pages : 736
Genre : Horreur
Décor : Canada, Philippines
Lu en : Mai 2017

10♥/10


Quatrième de couverture : Pierre Sauvé À l'orée de la quarantaine, veuf, père d'une fille de vingt ans. Sergent-détective à la police municipale de Drummondville, il enquête sur un quadruple meurtre qui a toutes les apparences d'un crime passionnel.

Frédéric Ferland Début de la cinquantaine, divorcé, père de deux adultes qu'il ne voit guère, il cherche depuis des années l'excitation ultime, celle qui donnera un sens à son existence et à la vie en général, qu'il a toujours trouvée terne. Psychologue, il exerce sa profession dans la ville de Saint-Bruno.

Maxime Lavoie Trente-sept ans, célibataire, idéaliste et milliardaire. Il y a deux ans, il a quitté ses fonctions de président de Lavoie inc. pour devenir le producteur et l'animateur de Vivre au Max, l'émission de téléréalité la plus controversée de l'heure... mais aussi la plus populaire.

Trois hommes différents, trois existences que tout sépare. Or, contre toute attente, leurs chemins se croiseront bientôt et leur vie en sera bouleversée à jamais. Tout comme celle de milliers de gens... tout comme la vôtre !


« C'était tout de même incroyable : la télévision pourrait être un outil tellement influent, tellement efficace. Et l'on préférait abrutir les gens... Non, en fait c'était le contraire : la télévision était insignifiante pour répondre aux désirs de ses auditeurs. Elle confirmait le néant. Elle était un miroir qui reflétait le vide, et ce, à la grande joie de tous. » (P. 546)

Mon avis : Après avoir lu (entre autres) Hell.com sur de nombreux conseils et ceux de l'auteur, je me suis lancée dans Le Vide qui m'avait été aussi décrit comme étant puissant et perturbant ! Eh bien c'est tout à fait le cas. Certains disent que c'est une lecture de laquelle on ne ressort pas indemne, je pense qu'ils ont raison. Peu importe à quel niveau, mais vous allez forcément vous poser des questions et reconsidérer la vie un minimum, impossible de faire autrement.

Tout tourne autour d'un homme richissime qui décide de lancer son émission de téléréalité Vivre au Max dans laquelle des gens viennent réaliser leurs rêves... sans limites ! Au contraire, plus ils sont fous, improbables et dangereux, plus le public est survolté ! On comprend assez vite pourquoi le titre est Le Vide, mais pas que. Parce que la réalité est encore plus affreuse qu'on peut le penser de prime abord.

Je sais que l'expression n'est pas très glorieuse, mais ce roman met vraiment les gens le nez dans leur caca. J'ai été horrifiée par certains passages, tellement vrais, comme celui où l'on se rend dans une usine aux Philippines, où les conditions de travail sont atroces. Puis j'ai réfléchi, est-ce que je n'achète pas des produits connus pour être fabriqués par des enfants ou testés sur les animaux avec cruauté ? J'ai eu honte et je me rends compte de la difficulté de rendre le monde meilleur, et pourquoi il ne sera jamais meilleur...

Un livre qui fait froid dans le dos, qui fait réfléchir, mais qui en même temps met au premier plan une histoire palpitante. Je ne peux que conseiller, j'ai trouvé ce livre tellement troublant, tellement vrai et tellement horrible pour ces mêmes raisons ! À votre tour, maintenant !


Livre troublant, horrifique et tellement vrai... À votre tour, je passe le flambeau !

Am Stram Gram - M.J. ARLIDGE

Titre : Am Stram Gram
Titre original : Eeny Meeny
Auteur : M.J. Arlidge
Édition : 10/18
Date de parution : 2015
Nombre de pages : 407
Genre : Thriller, policier
Décor : UK
Lu en : Mars 2017

2/10

Quatrième de couverture : Deux jeunes gens sont enlevés et séquestrés au fond d'une piscine vide dont il est impossible de s'échapper. À côté d'eux, un pistolet chargé d'une unique balle et un téléphone portable avec suffisamment de batterie pour délivrer un terrible message : « Vous devez tuer pour vivre. » Les jours passent, la faim et la soif s'intensifient, l'angoisse monte. Jusqu'à l'issue fatale.

Les enlèvements se répètent. Ce sont les crimes les plus pervers auxquels le commandant Helen Grace ait été confrontée. Si elle n'avait pas parlé avec les survivants traumatisés, elle ne pourrait pas y croire.

Helen connaît les côtés sombres de la nature humaine, y compris la sienne ; pourtant, cette affaire et ces victimes apparemment sans lien entre elles la laissent perplexe.

Rien ne sera plus terrifiant que la vérité.


Mon avis : Am stram gram, un livre qui commence sur les chapeaux de roue et qui m'a fait penser à un formidable saut en chute libre ! Les premières pages, comme lorsqu'on se jette de l'avion, sont incroyables, on est là, muscles tendus, esprit clair, avec l'envie de vivre cette aventure encore plus intensément ! Mais très vite, on se rend compte que le parachute ne s'ouvrira jamais, et qu'à la suite d'une chute inexorable, on va se retrouver écrasé comme une quiche des centaines de mètres en contrebas.

Eh oui, après une très bonne idée mise en place sur environ cinq pages, on se rend compte que l'idée en question va être mal exploitée (voire pas exploitée du tout) et faire un bide monumental. Assez vite on réalise que tout nous échappe, on est complètement perdu dans ce roman qui a réussi l'exploit d'avoir des chapitres complètement décousus les uns des autres, mais que même les histoires personnelles de personnages sont elles-mêmes complètement décousues, à l'instar de Madame je sais plus comment, en voiture dans un chapitre, qui entre soudain dans une chambre (mais laquelle ? où ça ?) dans la suite de son histoire personnelle et qui repart tout naturellement en moto (?). Certes, j'ai peut-être manqué quelque chose, mais quand tout le roman vous donne ce sentiment, c'est gonflant et ma volonté à faire des efforts s'en trouve fortement compromise.

Vous vous interrogez sur Madame je sais plus comment ? Étrange que je ne sache même plus le nom d'un des personnages quelques heures après avoir bouclé ma lecture ? Eh bien non... Le livre regorge d'un nombre incalculable de personnages aussi inutiles que transparents. Un magma boueux dans lequel se confondent la masse de toutes les figures les plus plates et prévisibles que j'ai rencontrées jusqu'à maintenant. Cette impression que l'auteur a suivi à la lettre des conseils du cours d'écriture 101 qui vous recommande de donner un petit quelque chose d'étonnant à vos personnages, afin qu'ils soient tous uniques. Faites de même, avec d'un côté une liste de noms qui perd rapidement même les plus assidus et en parallèle une liste d'éléments « personnificateurs ». Pas besoin de chercher trop loin, je pense qu'ils sont TOUS regroupés dans ce livre... Pensez à n'importe quoi, un lien familial : père/mère de, chéri de, maîtresse/amant de, jumeau/jumelle de, etc. vous êtes sûr d'en trouver déjà certains, ajoutez en plus des éléments bateaux « vient de rentrer dans la police, vieux loup de mer, amoureuse de X, élément physique notoire, enceinte, aime le SM, gay, trans, veut devenir un tigre... » Bon, j'exagère, mais vous avez compris le principe... On s'y perd complètement.

Je ne calcule plus le nombre de fois où j'ai levé les yeux au ciel, où j'ai ri de pitié ou alors ou je me suis écriée « cliiichéééé », en espérant achever rapidement ma lecture.

Bon, pas besoin de m'étendre davantage, je n'ai pas aimé du tout cette histoire, pourtant, les premières pages m'avaient beaucoup plu. Une idée qui aurait pu être mieux exploitée, mais non.

Je n'ai pas aimé du tout, et je me demande encore pourquoi j'ai insisté pour découvrir la fin, qui est à l'image du reste du roman : plate, peu réaliste et prévisible

jeudi 18 mai 2017

Yeruldelgger (tome 1&2) - Ian MANOOK

Titre : Yeruldelgger (Yeruldelgger#1)
Auteur : Ian Manook
Édition : France Loisirs
Nombre de tomes : 2 pour l'instant
Date de parution : 2013
Nombre de pages : 662
Genre : Policier
Décor : Mongolie
Lu en : Juin 2016

10+/10

Quatrième de couverture : Le corps enfoui d’une enfant, découvert dans la steppe par des nomades mongols, réveille chez le commissaire Yeruldelgger le cauchemar de l’assassinat jamais élucidé de sa propre fille. Peu à peu, ce qui pourrait lier ces deux crimes avec d’autres plus atroces encore, va le forcer à affronter la terrible vérité. Il n’y a pas que les tombes qui soient sauvages en Mongolie. Pour certains hommes, le trafic des précieuses « terres rares » vaut largement le prix de plusieurs vies. Innocentes ou pas.

« Solongo aimait cet ordre des choses que sont le respect et le sens des traditions. Tous ces gestes, depuis quelques temps, glissaient vers le folklore à cause du manque de croyance de ceux qui les répétaient. Pour Solongo, c’était au contraire un équilibre plein de sens entre des gestes de respect qu’on se devait les uns aux autres. » (p. 294)


Mon avis : Yeruldelgger est ce que l’on peut appeler un ethno-polar, qualificatif que j’ai trouvé en cherchant des informations sur le livre et je trouve qu’il lui convient juste parfaitement. L’intérêt de ce livre est donc double si vous êtes un mordu de polars et que vous appréciez voyager et découvrir de nouvelles contrées.

Ici, nous sommes très vite plongés au cœur des vastes plaines de Mongolie, avec ses traditions, sa culture, sa nourriture, etc. En quelques pages à peine, nous sommes complètement dépaysés et prêts pour une nouvelle aventure. Les paysages sont sublimes et j’aurais bien envie de passer le pied gauche pour entrer dans une yourte dans la steppe mongole. Une véritable petite perle !

Une fois que le lecteur s’est légèrement acclimaté à ce nouvel environnement, le commissaire Yeruldelgger va le mener au plus profond d’une enquête qui va petit à petit prendre des dimensions dramatiques... Plus il creuse et plus il se rend compte que tout semble être lié ? Mais comment et pourquoi ? L’histoire semble toucher aussi bien des Mongols que des Chinois et des Coréens... Ce qui semblait être un crime odieux prend des proportions phénoménales. Les actes d’intimidation commencent à pleuvoir et le doute assaille notre commissaire au nom imprononçable, qui se voit contrait de remuer une triste histoire de son passé.

Un polar très réussi, bien construit, bien écrit, du bonheur. L’intrigue se dénoue vraiment petit à petit d’une bien jolie façon, on sent vraiment qu’on assemble deux à deux de minuscules fragments de puzzle, de manière un peu confuse, mais qui nous mène bel et bien sur la bonne voie. Et je suis vraiment ravie d’avoir découvert une nouvelle contrée que je n’avais encore jamais visitée en lecture, un voyage délicieux dans ma tête, grâce à des descriptions aussi précises que bien documentée.

Une bien belle façon de lier le voyage au polar, du pur plaisir.



Je vous laisse sur cette magnifique steppe mongole qui m'a tant fait rêver en cours de lecture.

Cet ethno-polar est une magnifique petite perle. Bonne intrigue et belle descente dans les steppes de Mongolie. Que du plaisir.

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Titre : Les Temps sauvages(Yeruldelgger#21)
Auteur : Ian Manook
Édition : Pocket
Date de parution : 2015
Nombre de pages : 576
Genre : Thriller/policier
Décor : Mongolie, Russie, France
Lu en : Mai 2017

6,5/10

Quatrième de couverture : Quand le vent du Nord s’abat sur les steppes enneigées d’Asie centrale, personne ne vous entend mourir. Pour Yeruldelgger, le salut ne peut venir que de loin, très loin…

Après le succès mondial de Yeruldelgger, couronné par de nombreux prix, Ian Manook retrouve la Mongolie et ses terres extrêmes dans un grand thriller d’une originalité absolue.


Mon avis : Et nous voilà dans une nouvelle enquête de notre policier au nom imprononçable accompagné comme à l’accoutumée d’Oyun, Gantulga et Solongo.

Ce tome commence très fort avec un homme retrouvé mort dans une fâcheuse posture, complètement gelé par les moins trente qui sévissent dans les plaines mongoles. On suit Oyun sur cette enquête pendant que Yeruldelgger, de son côté, se trouve également sur une affaire. J’ai beaucoup apprécié de mettre les pieds en terres nomades en plein hiver et les enquêtes m’ont semblé très intéressantes.

On se rend compte rapidement que toute l’affaire a des racines bien plus profondes que ce qu’on aurait pu penser de prime abord. J’ai adoré plus ou moins jusqu’au dénouement. À un moment, nous apprenons la symbolique du loup pour le peuple nomade. Très intéressante, mais la « mise en œuvre » si je puis dire de cette description ne m’a pas plu du tout. Complètement surréaliste et assez inutile parce que le roman était très bien sans. Du moins, il n’était vraiment pas nécessaire de donner dans la surenchère. Malheureusement cette surenchère continue jusqu’à une sorte de duel final absolument ridicule que l’on sentait venir depuis des pages et des pages. Je lisais certaines scènes d’action en me demandant « mais pourquoi ? POURQUOI ? ». J’avoue qu’à cause de cela, j’ai fini un peu par me perdre dans les explications (très compliquées !) du pourquoi et du comment de l’affaire. Vraiment presque trop, pas besoin d’aller si loin, encore une fois.

C’est très délicat de donner une note dans un tel cas, MAIS, j’ai aimé ce roman, pas la « surexplication » finale ainsi que les dernières scènes d’action. Malgré tout, ces passages étaient assez superflus dans le roman. Ça ne brise pas tout le bien que j’avais ressenti lors de ma lecture, tout au plus quelques coups d’œil vers le ciel et une certaine incompréhension. Du coup, je tente de faire la part des choses avec tout le reste que j’ai vraiment apprécié, et je vais, pour sûr, lire la suite.

Moins bon et moins crédible que le premier vers la fin, mais début super sympa, surtout pour découvrir la Mongolie en plein hiver

mardi 16 mai 2017

Les Aventures de Pinocchio - Carlo COLLODI

Titre : Les Aventures de Pinocchio
Titre original : Les avventure di Pinocchio
Auteur : Carlo Collodi
Édition : Folio (Classique)
Date de parution : 1883
Nombre de pages : 293
Genre : Conte
Lu en : Mars 2017

6/10

Quatrième de couverture : Il y avait une fois... « Un roi ! » diront tout de suite mes petits lecteurs. « Non, mes enfants, vous vous êtes trompés. Il y avait une fois un morceau de bois. » Ce n'était pas du bois de luxe, mais un morceau pris dans un vulgaire tas de petit bois, de ceux que, l'hiver, on met dans les poêles et les cheminées pour allumer le feu et réchauffer les appartements. Je ne sais pas comment ça arriva, mais le fait est qu'un beau jour ce morceau de bois se retrouva dans la boutique d'un vieux menuisier...

« J'ai voulu faire le paresseux, le vagabond... J'ai voulu suivre les conseils des mauvais camarades, et voilà pourquoi la malchance me poursuit. »


Mon avis : Je pense que tout le monde ou presque connaît la version Disney de Pinocchio. Je sais que les contes originaux sont souvent plus profonds et durs que les versions édulcorées de Disney, et c’est donc avec plaisir que je me suis lancée dans la découverte de ce conte italien.

Il s’agit donc de l’histoire d’un morceau de bois qui est un jour sculpté par Geppetto en marionnette. Sauf que ledit morceau de bois est doué de parole, et lorsqu’il devient marionnette, il prend vie. On va ensuite suivre toutes ses aventures, qui deviennent souvent des mésaventures, à cause des mauvaises décisions que prend Pinocchio, souvent aveuglé par ses désirs de liberté, de farniente et par ses mauvaises fréquentations.

À l’instar du Disney, on lira les événements importants qui jalonnent la vie de Pinocchio, notamment sa rencontre avec le chat et le renard, sa transformation en âne et d’autres éléments qui diffèrent du dessin animé. J’ai beaucoup aimé découvrir les mésaventures qui n’arrivent pas à la marionnette dans le Disney, ainsi que tous les éléments nettement plus violents et crus dans ce conte. Autant dire que la première rencontre avec le grillon qui parle m’a laissée comme deux ronds de flan, tout comme le passage de la tentative de vol des pièces de Pinocchio par les bandits !

Comme dans les contes en général, le rythme est rapide, les éléments sont durs, mais la morale fait réfléchir. À découvrir et à comparer avec le Disney, qui ne suit qu’en partie la morale du conte original.

Très sympa de pouvoir faire la comparaison avec le Disney, sinon, pas le meilleur conte au monde, mais sympa

samedi 13 mai 2017

Le Bourreau de Portland (La Trilogie du Mal BD, tome 1) - Michel MONTHEILET et Maxime CHATTAM

Titre : Le Bourreau de Portland (La Trilogie du Mal BD#1)
Auteur : Michel Montheillet et Maxime Chattam
Édition : Jungle !
Nombre de tomes : 3
Date de parution : 2012
Nombre de pages : 48
Genre : BD, thriller
Décor : Portland (USA)
Lu en : Mars 2017

2/10

Quatrième de couverture : Joshua Brolin a souvent été confronté à l'horreur.
Sa carrière de profiler a commencé ici avec l'affaire du « Bourreau de Portland », sa première grosse affaire... Celle qui lui a coûté le plus. Joshua Brolin y était jeune et inexpérimenté.
Il était trop impétueux pour ce tueur froid et méthodique et il allait le payer cher...
Découvrez comment la carrière de Joshua Brolin a commencé dans la police de Portland...
D'après l’œuvre originale de Maxime Chattam.


Mon avis : Il s’agit en fait de la saga La Trilogie du Mal de Maxime Chattam. D’ailleurs, c’est bizarre, parce que le tome 1 de la saga en roman s’intitule L’Âme du Mal, alors que le premier tome en BD s’intitule Le Bourreau de Portland et le tome 3 L’Âme du Mal… Étrange, surtout que la BD 1 suit fidèlement le roman 1. Mais bref.

Bon, c’est très dur de donner son avis sur une BD aussi courte (à peine 48 pages). Je me rends compte que je ne dois pas être une grande fan des thrillers adaptés en BD, il manque toujours trop d’éléments. Je sais bien qu’il est impossible de tout mettre, mais les choix opérés de sabrage ne me plaisent vraiment pas. En plus, le suspense n’a pas le temps de monter, tout se passe à une vitesse tellement folle que cela en devient ridicule. Comment ressentir de l’attachement pour les personnages ou vouloir réunir des indices quand chaque vignette fait avancer l’histoire de ce qui représente une trentaine de pages dans le roman ?

Je n’ai pas aimé cette rapidité extrême, ce manque total de suspense, cette volonté un peu désespérée de montrer du sang et des actes durs pour tenter d’accrocher le lecteur alors que le fond est désespérément plat. Il manque vraiment du sel, du liant, du contenu. Je n’ai pas aimé.

Le seul petit point positif selon moi, c’est que l’histoire suit plus ou moins la « préhistoire » du roman, et peut être vaguement considérée comme une préquelle (même s’il s’agit plutôt pour moi d’un flashback de ce qui est arrivé au personnage principal au cours des premières pages du roman). Malheureusement, tout ne colle pas et comme je l’ai déjà mentionné, tout va tellement vite qu’il peut arriver n’importe quoi aux protagonistes : je reste totalement froide. En gros : pas grand-chose à sauver de cette BD...

Pfff... Pas grand-chose à en dire... Je n'ai pas aimé du tout, ça ne passe vraiment pas en BD selon moi, c'est aussi simple que ça

mercredi 10 mai 2017

L’Île des chasseurs d’oiseaux - Peter MAY

Titre : L’Île des chasseurs d’oiseaux (La Trilogie écossaise#1)
Titre original : The Blackhouse (UK)
Auteur : Peter May
Édition : Babel (Noir)
Nombre de tomes : 3
Date de parution : 2009
Nombre de pages : 432
Genre : Policier, thriller
Décor : Île de Lewis (Écosse)
Lu en : Mai 2017

10/10

Quatrième de couverture : Marqué par la perte récente de son fils unique, l’inspecteur Fin Macleod, déjà chargé d’élucider un assassinat commis à Édimbourg, est envoyé sur Lewis, son île natale, où il n’est pas retourné depuis dix-huit ans.

Un cadavre exécuté selon le même modus operandi que celui d’Édimbourg vient d’y être découvert. Sur cette île tempétueuse du nord de l’Écosse, couverte de landes, où l’on se chauffe à la tourbe, pratique encore le sabbat chrétien et parle la langue gaélique, Fin est confronté à son enfance. La victime n’est autre qu’Ange, ennemi tyrannique de sa jeunesse. Marsaili, son premier amour, vit aujourd’hui avec Artair.

Alors que Fin poursuit son enquête, on prépare sur le port l’expédition rituelle qui, chaque année depuis des siècles, conduit une douzaine d’hommes sur An Sgeir, rocher inhospitalier à plusieurs heures de navigation, pour y tuer des oiseaux nicheurs. Lors de son dernier été sur l’île, Fin a participé à ce voyage initiatique, qui s’est dramatiquement terminé. Que s’est-il passé alors entre ces hommes ? quel est le secret qui pèse sur eux et resurgit aujourd’hui ? Sur fond de traditions ancestrales d’une cruauté absolue, Peter May nous plonge au cœur de l’histoire personnelle de son enquêteur Fin Macleod.

Fausses pistes, dialogues à double sens, scènes glaçantes : l’auteur tient le lecteur en haleine jusqu’à la dernière page.


Mon avis : Fin Macleod est né et a grandi sur l’île de Lewis, Écosse. Il s’en est volontairement éloigné une fois adulte, pour s’enrôler dans la police à Edimbourg. Mais un jour, un cadavre est retrouvé sur son île natale et après observation, il semble que le mode opératoire du tueur est le même que celui d’une affaire en cours à Edimbourg. Fin est ainsi dépêché sur l’île de Lewis, où il va devoir découvrir qui est le tueur en enquêtant auprès de ses anciens amis et connaissances.

Les quelques premières pages m’ont plu d’entrée avec la découverte d’un corps, et soudain, plouf, plus rien… On part dans le passé de Fin Macleod, mais tellement loin qu’on le voit lors de son premier jour d’école, ou en train de faire des petites bêtises d’enfant. J’ai soudain fait le grand écart entre un départ qui flambe et une suite digne d’un pétard mouillé… Je ne savais pas sur quel pied danser et commençait un peu à m’ennuyer. Puis, à partir du premier quart, j’ai tout à coup été absorbée dans l’enquête ! Et alors que je pensais que le passé de Fin n’était que du remplissage, j’ai soudain commencé à préférer cette partie à l’enquête elle-même ! Fou, non ?

Folklore, gaélique, isolation ilienne, voisinage où tout le monde se connaît… L’une des traditions qui est la plus présente est assez logiquement celle de la chasse aux oiseaux, comme l’indique le titre en français. On apprend comment se passe cette tradition, pour laquelle des gens partent sur une sorte de rocher au milieu de la mer. Pendant deux semaines, ces gens se retrouvent complètement isolés du monde et vivent dans de dures conditions que j’ai adoré lire.

On finit par comprendre qu’il s’est passé quelque chose au cours d’une de ces virées, et de là, je n’ai plus lâché mon livre. En effet, une fois (environ) la page 100 passée, je n’ai plus décroché et j’ai lu d’une traite jusqu’à la fin. L’ambiance est très particulière, pleine de folklore, de traditions, de vieux bourrus, et ça, j’ai adoré. Alors que je pensais abandonner ma lecture après 50 pages, j’ai complètement changé d’idée après 100 et c’est finalement un coup de cœur ! Je vais d’ailleurs lire la suite très prochainement.

Un livre que j'ai failli abandonner et qui pourtant est génial ! Du folklore, un passé passionnant et une bonne enquête

Les Rivières pourpres - Jean-Christophe GRANGÉ

Titre : Les Rivières pourpres
Auteur : Jean-Christophe Grangé
Édition : Le Livre de poche
Date de parution : 1998
Nombre de pages : 442
Genre : Thriller, policier
Décor : Isère (FR)
Lu en : Mars 2017

10/10

Quatrième de couverture : Pierre Niémans, un commissaire aux méthodes musclées, est envoyé à Guernon, ville universitaire de l'Isère, pour élucider un meurtre atroce : un homme a été découvert nu, mutilé, coincé dans une paroi rocheuse en position foetale. Qui est l'auteur de cette mise en scène macabre ? Parallèlement, dans sa commune du Lot, le jeune lieutenant Karim Abdouf a de quoi s'occuper : l'école primaire a été visitée et le tombeau d'un enfant profané. Au départ bien distinctes et à des lieux l'une de l'autre, les deux enquêtes vont se recouper étrangement pour n'en faire qu'une, à la trame aussi hallucinante que terrifiante.

Mon avis : Mon premier Grangé, recommandé chaudement par une amie. Le titre faisait bien écho quelque part dans ma tête, mais même en me la creusant, je ne l'ai jamais vu. J'ai donc commencé ma lecture sans avoir vu le film éponyme.

Après quelques pages, je savais déjà que j'avais entre les mains un livre génial, qui allait tenir ses promesses jusqu'à la fin et qui allait me plaire ; et ça s'est vérifié ! Quel bon moment j'ai passé avec ce livre que j'ai lu en deux jours, superbe !

Tout commence lorsqu'un corps est retrouvé atrocement mutilé et encastré dans une montagne. Qui a pu commettre une telle horreur, et surtout, comment ? Parce qu'il faut un minimum de matériel et de connaissances pour être capable de placer un corps à l'endroit où il a été trouvé !

Dès la découverte de ce crime macabre dès les premières pages, tout s'enchaîne très rapidement et il est impossible de lâcher le livre. Parce que l'on va de découverte en découverte, en suivant les enquêteurs qui partent sur différentes pistes. J'ai adoré cette intrigue, dont découlent des centaines de pistes possibles !

Et malgré le rythme déjà haletant, l'histoire s'accélère encore et enfin quelques indices apparaissent. Je crois que le rythme prenant est vraiment ce qui m'a le plus plu. Vient ensuite la plume de l'auteur, avec des descriptions qui font frémir, surtout lorsqu'il s'attarde sur les détails de l'autopsie et les mutilations des corps.

Vous voulez du suspense ? Des mutilations horribles ? Du macabre ? Une enquête passionnante qui ne stagne jamais ? Alors foncez, n'hésitez plus, et découvrez Les Rivières pourpres, j'ai adoré et je pense que ne vais pas tarder à lire La Ligne noire, que j'ai acheté juste après avoir fini Les Rivières pourpres !

Absolument génial, l'histoire ne stagne jamais !

dimanche 7 mai 2017

Alex (Verhoeven tome 2) - Pierre LEMAITRE

Titre : Alex (Verhoeven#2)
Auteur : Pierre Lemaitre
Édition : Le Livre de Poche
Nombre de tomes : 4
Date de parution : 2011
Nombre de pages : 397
Genre : Thriller
Décor : France
Lu en : Avril 2017

3/10

Quatrième de couverture : Qui connaît vraiment Alex ? Elle est belle. Excitante.

Est-ce pour cela qu’on l’a enlevée, séquestrée, livrée à l’inimaginable ? Mais quand la police découvre enfin sa prison, Alex a disparu.

Alex, plus intelligente que son bourreau. Alex qui ne pardonne rien, qui n’oublie rien, ni personne.


Mon avis : Aïe, aïe, aïe. Vu tous les bons échos que j’ai eu de ce livre, j’avoue que c’est un peu délicat de donner mon avis sans me faire lyncher. La raison première est que je n’ai pas du tout adhéré à la plume de l’auteur : style très factuel, peu de connecteurs, des phrases assez courtes, agencées avec assez peu de fluidité. Cette façon d’écrire assez rapide et nerveuse plaira sans doute à certains, malheureusement, ce n’est pas mon cas.

En ce qui concerne l’histoire, elle se découpe en trois parties. La première m’a semblé très fade. On a peu de détails sur Alex. Je n’ai pas réussi à m’identifier à elle et il me manquait beaucoup d’éléments pour vraiment me sentir « dans l’histoire ». Ensuite, la deuxième partie m’a beaucoup plu, notamment grâce à un rebondissement génial, qui m’a redonné un certain intérêt pour la lecture, malgré le style qui me déplaisait globalement. Pour ce qui est de la troisième partie, il y a des hauts et des bas, quelques rebondissements sympathiques, d’autres un peu moins.

Dans l’ensemble, je ne peux pas dire que la trame soit mauvaise, au contraire, elle contient des idées fabuleuses, mais j’y suis restée globalement imperméable et je n’ai tout simplement pas accroché. Accessoirement, on m’a dit que ce livre pouvait se lire sans avoir lu le premier tome, Travail soigné. En effet, c’est plus ou moins le cas, puisque j’ai compris l’histoire, mais je pense que je suis également passée à côté de toute la psychologie du personnage central des différentes affaires, à savoir Camille Verhoeven, dont la psychologie semble être brossée dans le premier volet. Peut-être que j’aurais mieux apprécié de les lire dans l’ordre, je vous le conseille en tout cas.

Grosse déception, je n'ai pas adhéré au style. Il y a certes de très bonnes idées, mais je n'ai vraiment pas croché

jeudi 4 mai 2017

Emorata : pour quelques grammes de chair - Nicolas FEUZ

Titre : Emorata : pour quelques grammes de chair
Auteur : Nicolas Feuz
Édition : Autoédité
Date de parution : 2014
Nombre de pages : 362
Genre : Policier, thriller
Décor : Camargue (FR), Neuchâtel (CH)
Lu en : Avril 2017

10♥/10

Quatrième de couverture : Un policier suisse est retrouvé assassiné sur une plage du Grau-du-Roi... Après ILMORAN, l'avènement du guerrier, ILAYOK, le berceau de la folie, et ILPAYIANI, le crépuscule massaï, retrouvez la toute première enquête de Michaël Donner, dans ce prequel de la "trilogie massaï". Encore jeune aspirant de l'ERAP, l'école de police, Donner se retrouve mêlé malgré lui à une sordide affaire d'assassinats, qui le mènera de la métropole horlogère de La Chaux-de-Fonds aux vastes étendues sauvages de la Camargue. Cette sombre expérience contribuera à forger son caractère et définira certaines lignes de son comportement en tant que futur inspecteur de la brigade des stupéfiants neuchâteloise.

Mon avis : Un corps est retrouvé dans une étrange posture et complètement défiguré sur une plage de Camargue. Son identité nous apprend qu’il s’agit d’un policier suisse, qui était dans le coin pour une affaire qu’il cherchait à faire éclater au grand jour. Rapidement, des enquêteurs locaux et deux policiers suisses sont dépêchés sur les lieux. Cette curieuse affaire va les mener bien plus loin que quiconque aurait pu l’imaginer de prime abord, et quelques grammes de chair y seront pour beaucoup…

Jusqu’à maintenant, carton plein ! Trois livres de Nicolas Feuz dévorés, trois livres que j’ai complètement adorés ! Alors si vous croisez l’un de ses livres au coin d’une librairie, n’hésitez pas un seul instant, et en cherchant rapidement sur Internet, vous pouvez très facilement vous les procurer de toute manière notamment sur « TheBookEdition », alors… vous n’avez aucune excuse pour ne pas craquer !

Plus sérieusement, cette enquête commence fort, avec un corps retrouvé sur une plage qui a été tué de la manière la plus originale que j’aie pu voir ! (Et non, je ne vous en dirai pas plus, donc encore une raison de plus d’acheter ce livre… Qu’est-ce qui vous retient encore sur ma chronique ? Filez l’acheter !) J’avoue que lorsque le corps est décrit, et de même, la façon dont le meurtre a été commis, je n’ai pas pu m’empêcher de rire, tout en étant horrifiée.

Ensuite, tout s’enchaîne avec brio. On fait le va-et-vient entre la Camargue et la Suisse, où une autre affaire se joue en parallèle, qui nous mène à faire la connaissance de Michaël Donner, un bleu encore à l’école de police, mais qui va être dépêché sur l’enquête en Camargue.

Je ne veux vraiment pas vous en dire plus, mais autant dire que j’ai apprécié remonter le fil de l’enquête. Encore une fois, tout concorde et une tension permanente nous tient « collé-serré » au livre jusqu’à ce que tout explose avec un final grandiose ! En plus, la plume est agréable, tout se joue sans heurt, dans une ambiance parfaitement réaliste et quelques expressions typiquement suisses donnent du relief et de la personnalité au texte. Que demander de plus ? À part d’autres pépites du genre, peut-être ?

Du suspense, un meurtre original, une enquête palpitante et bien ficelée, un dénouement explosif... J'ai ADORÉ, tout simplement

lundi 1 mai 2017

Les Cahiers noirs de l'aliéniste (tomes 1 & 3) - Jacques CÔTÉ

Titre : Dans le quartier des agités (#1)
Auteur : Jacques Côté
Édition : Alire
Nombre de tomes : 3
Date de parution : 2010
Nombre de pages : 437 papier / 362 numérique (ma version)
Genre : Policier
Décor : Paris (FR) - 1889
Lu en : Septembre 2016

9/10

Quatrième de couverture : Paris, juillet 1889…

À vingt-sept ans, Georges Villeneuve a terminé ses études en médecine. Désireux de se spécialiser en médecine légale des aliénés, il quitte le Québec pour se rendre à Paris où il aura la chance d’étudier avec les plus grands aliénistes de l’époque, Valentin Magnan à l’asile Sainte-Anne et Jean-Martin Charcot à la Salpêtrière. Le jeune Montréalais en profitera aussi pour assister aux cours réputés de Brouardel, à la morgue de Paris, et pour suivre une formation avec Mégnin, le pionnier de l’entomologie judiciaire.

Mais dès la première journée du Congrès international de médecine mentale de Paris, qui se tient à l’asile Sainte-Anne, Villeneuve est témoin de l’admission dramatique d’un patient atteint d’une sévère intoxication à l’absinthe. Quand Magnan apprend que la police croit ce malade dangereux et veut s’en emparer pour l’accuser de meurtre – ce serait le fameux « coupeur de nattes » dont la presse parle tant depuis des mois –, il demande à son jeune élève de veiller sur lui, mais aussi de mener sa propre enquête. Or, les recherches de Villeneuve l’amènent très vite sur une tout autre piste, celle d’un étrange dandy au passé trouble et qui entretenait de bien curieuses accointances avec son patient…

« […] des catacombes s’allongeaient le long du corridor humide. Des centaines de crânes et d’ossements empilés s’accumulaient dans des boîtes. C’était une vision d’enfer. » (p.109)


Mon avis : J’ai découvert Jacques Côté avec sa saga mettant en scène Daniel Duval, et depuis, j’ai très envie de découvrir son autre saga Les Cahiers noirs de l’aliéniste. J’ai acheté le tome 3 au stand de l’auteur au Livre sur les quais, qui peut apparemment se lire sans avoir lu les deux autres, mais entre-temps, j’ai craqué et j’ai acheté le premier, donc je vais les lire dans l’ordre.

George Villeneuve, un aliéniste québécois en devenir, est le personnage principal de la saga. Dans le premier tome (Dans le quartier des agités), il se rend à Paris pour parfaire ses connaissances en la matière auprès des meilleurs aliénistes. Nous sommes alors en 1889, en pleine exposition universelle dans la Ville lumière, à une époque qui assiste aux balbutiements de la médecine légale. Aux côtés de George Villeneuve, nous allons suivre les cours de grands noms connus dans ce domaine, comme Brouardel, Charcot ou Magnan, qui, à l’instar de Villeneuve, sont des personnages qui ont existé. En parallèle, notre aliéniste en herbe va se retrouver au beau milieu d’une enquête criminelle qui le concerne pleinement, l’assassin semblant être un aliéné. Le lecteur est ainsi entraîné à remonter la piste d’un coupeur de nattes qui tue froidement ses victimes. Encore faut-il l’arrêter à temps.

Au début de l’œuvre, nous accompagnons Villeneuve dans ses premiers pas dans Paris et ses premières rencontres avec ses habitants. En tant que Suissesse qui a une certaine image de l’archétype du Parisien, j’avoue que j’ai bien ri de ses premières réactions et réflexions. J’ai eu l’impression de me revoir lors de mes premiers voyages en territoire français « Le déjeuner en France devenait maintenant le petit-déjeuner, le dîner le déjeuner et le souper le dîner. » (p.18) Apparemment, la Suisse partage plus avec le Québec que je ne le croyais de prime abord, et on rencontre aussi le même genre de blagues ou réflexions cinglantes sur notre façon de parler. Comme le dit si bien Villeneuve : « Je trouve les gens d’ici sympathiques, bien que je sois fatigué de me faire rappeler mon accent. Les Parisiens croient qu’ils n’en ont pas. » (p.135) Très bon point donc sur l’arrivée dans la Ville lumière, d’une part par le choc des cultures, mais aussi par la découverte de l’exposition universelle, que j’ai pu visiter à travers les pages de ce livre. Un pur plaisir.

Venons-en maintenant au point central de l’histoire : les premiers pas dans l’asile de Sainte-Anne et dans l’univers des aliénistes comme des aliénés. Dès les premiers chapitres, on ne peut qu’apprécier le travail de documentation de l’auteur, qui nous dépeint fidèlement les techniques et connaissances de l’époque, s’appuyant sur de nombreux personnages historiques et rendant le texte authentique et réaliste. J’ai énormément appris au fil des pages et j’ai adoré. C’est fou de se rendre compte qu’il y a à peine plus d’un siècle, la médecine telle que nous la connaissons n’en était qu’à ses prémices. Présentation publique d’aliénés, achat de cadavres pour s’entraîner, on plonge donc dans une époque très différente, et c’est bien agréable, parce que ça change diamétralement de ce que je lis en ce moment.

Passons maintenant à l’enquête, qui est très intéressante. J’aime ces livres qui se passent avant les grandes inventions modernes comme les portables, les GPS et autres analyses ADN qui facilitent grandement le travail des inspecteurs. J’aime quand ils doivent se déplacer et chercher des indices « à l’ancienne », d’une manière tellement plus proche de ce que peut imaginer et déduire le lecteur, qui ne se sent jamais à la traîne et qui remonte la piste, indice après indice, main dans la main avec les enquêteurs.

Je ne veux bien entendu rien dévoiler de l’identité du meurtrier ou des recherches, mais j’ai suivi les pérégrinations et mésaventures de Villeneuve avec grand intérêt. Et je dois avouer que le changement de rythme des derniers chapitres arrive au bon moment et amène le lecteur à une fin des plus mouvementées qu’il aurait difficilement pu imaginer !

Pour résumer, si vous ne connaissez pas, je vous recommande vivement ! Je me réjouis de lire le tome 2, Le Sang des prairies, qui se passe apparemment avant Dans le quartier des agités. Plus qu’à aller l’acheter au plus vite.

Remontez en 1889 pour découvrir les balbutiements de la médecine légale et mentale, sur la piste d'un assassin coupeur de nattes qui terrorise les femmes de la ville

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Titre : Et à l'heure de votre mort (Les Cahiers noirs de l'aliéniste#3)
Auteur : Jacques Côté
Édition : Alire
Date de parution : 2013
Nombre de pages : 514
Genre : Policier, historique
Décor : Montréal
Lu en : Avril 2017

10/10

Quatrième de couverture : 17 septembre 1894...

La grande salle de l'hôtel Windsor est bondée de notables. Tous sont venus entendre Georges Villeneuve, médecin-expert à la morgue de Montréal, et son collègue, le docteur Wyatt Johnston, exposer les raisons qui les poussent à demander la construction d'une nouvelle morgue.

Villeneuve a à peine terminé son discours quand surgit le lieutenant Bruno Lafontaine : une atrocité s'est produite dans un taudis de Griffintown et il a besoin de son expertise.

Sur la scène du crime, une jeune femme gît dans son sang, littéralement éventrée à la suite d'un avortement clandestin. Villeneuve, qui tente d'inculquer aux forces de l'ordre des méthodes d'analyse modernes, dé­couvre bien peu d'indices en raison de l'incurie des agents. L'enquête sera longue et laborieuse.

Villeneuve n'en poursuit pas moins ses autopsies à la morgue, ses cours aux étudiants en médecine et, depuis peu, son travail d'assistant-surintendant à l'asile Saint-Jean-de-Dieu, car il a enfin obtenu le poste d'aliéniste qu'il convoitait.

Or, quand une deuxième, puis une troisième boucherie sont découvertes, la presse s'enflamme et la pression pour que soit arrêté le fou meurtrier devient intenable.

Pour Villeneuve, à cette obligation de résultat immédiat s'ajoute une terrible responsa­bilité : celle de l'aliéniste, dont le devoir est de protéger à tout prix les personnes atteintes de maladie mentale !


Mon avis : Ça y est, je continue mon aventure dans Les Cahiers noirs de l’aliéniste. Et c’est volontairement que je vais vous parler du tome 3, Et à l’heure de votre mort, avant de vous parler du tome 2, Le Sang des prairies. En fait, le tome 2 se passe chronologiquement avant le tome 1, et j’ai personnellement été un peu déçue d’opérer ce retour en arrière à ce moment-là de la saga. J’aurais préféré la lire dans l’ordre 1, 3 et 2 afin de ne pas avoir une coupure entre le premier et le troisième qui se suivent et fonctionnent très bien ensemble, puis de découvrir le passé de Villeneuve en le découvrant dans le tome 2, sous forme de préquelle. Donc c’est ainsi que je vous présente les choses.

Dans Et à l’heure de votre mort, nous nous retrouvons en territoire québécois en 1894, ce qui m’a tout de suite ravie et dépaysée. Georges Villeneuve a pris de la bouteille et travaille maintenant comme médecin légiste, donnant des cours sur le sujet à ses élèves, tout en cherchant une place d’aliéniste.

Son travail en tant que légiste va devenir crucial, car une vague de meurtres sordides s’est abattue sur la ville : un ou des faiseurs d’anges font rage, avortant en toute illégalité des femmes qui trouveront la mort dans d’atroces souffrances. Grâce aux techniques de l’époque, notamment aux analyses entomologiques et capillaires, Villeneuve va tout faire pour arrêter ce ou ces criminels de l’ombre.

Une histoire dure, incroyablement réalistes et aux personnages toujours aussi attachants. Sans se vouloir didactique, ce livre m’a renseignée sur de nombreuses techniques de l’époque. Entre autres, comment les corps étaient gradés avant de pouvoir procéder à une autopsie et comment se menait une autopsie elle-même. J’ai été heureuse de joindre ainsi l’utile à l’agréable sans même m’en rendre compte.

J’ai une affection toute particulière pour ces enquêtes hyperréalistes dans lesquelles Jacques Côté sait nous plonger après quelques pages seulement. Rien n’est laissé au hasard, tout est expliqué et tout me semble parfaitement cohérent par rapport à l’époque traitée. C’est donc avec plaisir que j’ai retrouvé Villeneuve dans une histoire et un décor complètement différents !

Je ne peux que vous recommander de lire cette saga, dont les tomes peuvent se lire plus ou moins indépendamment, même si quelques éléments du 3 sont plus largement expliqués dans le 1. Ce qui est sûr, c’est que si un quatrième tome sort, il sera très vite entre mes mains, j’adore !

À découvrir de toute urgence !

lundi 24 avril 2017

L'Envol des Faucons (tome 1) - Mark ZELLWEGER

Titre : L'Envol des Faucons (Réseau Ambassador#1)
Auteur : Mark Zellweger
Édition : Eaux Troubles (Thriller)
Nombre de tomes : 3
Date de parution : 2014
Nombre de pages : 340
Genre : Thriller, espionnage
Décor : Suisse, Oman, Dubaï (EAU), Djibouti
Lu en : Avril 2017

8/10

Quatrième de couverture : Suite à la crise libyenne, Mark Walpen a complété son entreprise de consulting en marketing par un département de géostratégie, le Sword. Celui-ci, devenu le seul service secret non gouvernemental, indépendant et neutre au monde, est renforcé par une unité de combattants issus des meilleures forces spéciales du monde, on les appelle les « Faucons ».

Une prise d’otages a lieu. En même temps, une série d’attentats touche différentes ambassades européennes, créant ainsi la panique. Ces événements sont revendiqués par une mystérieuse « Armée de Libération Arabe ».


Mon avis : Je découvre enfin Mark Zellweger avec L’Envol des faucons, son premier roman de la saga Réseau Ambassador.

Tout commence par un petit aperçu des personnages principaux, Ralph Walpen et son fils Mark dans leur vie quotidienne, pendant leurs vacances. Malheureusement, celles-ci devront être écourtées, car un groupe terroriste sème le trouble, après s’être attaqué à des ambassades européennes, notamment une suisse.

Nous allons découvrir les « Faucons » une unité d’élite secrète qui est au centre du roman. Dans cet opus, ils auront pour mission de déjouer les plans du groupe terroriste ALA.

J’ai eu un petit peu de peine à entrer dans l’histoire, je ne voyais pas trop où l’auteur voulait nous mener, tandis que nous suivons la famille Walpen au cours de ses vacances. Mais finalement, le cadre était bien choisi pour nous présenter en douceur le rôle des Faucons. Puis l’élément déclencheur arrive et à partir de là, il m’a été difficile de m’arrêter.

Le genre est assez différent de ce que je lis d’ordinaire. Il s’agit d’un problème géopolitique comme il en existe dans la réalité et bien sûr, il apporte son lot de discussions entre délégués / chefs d’État de différentes nations concernées. C’est un peu déstabilisant quand on en a pas l’habitude, mais j’ai apprécié l’aventure et les considérations politiques des différentes parties. Je trouve que Mark Zellweger a su rendre ces passages intéressants, les utilisant à bon escient, sans venir alourdir le texte ou venir décourager les lecteurs moins passionnés par cet aspect.

Si je dois émettre un petit reproche, il concerne la première partie de l’œuvre, dont la narration est parfois un peu trop factuelle, un peu trop abrupte. Cette impression a fini par s’estomper en cours de route, donc surtout, n’abandonner pas votre lecture après 50 pages, parce que vous allez passer à côté de quelque chose, ça je vous le dis.

Donc pour résumer, nous avons là un très bon roman, intéressant, avec des problèmes géopolitiques qui ressemblent à ce que l’on vit aujourd’hui. J’ai aimé voir les difficultés pour les Faucons de devoir agir dans l’ombre tout en devant mettre hors d’état de nuire de dangereux personnages.

De mon côté, je peux vous le dire, je ne vais pas m’arrêter là.

Début un poil trop factuel, mais le reste était très intéressant et tellement proche de la réalité que j'ai frémis quelquefois

mardi 18 avril 2017

Dieu 2.0 (tome 1) - Henri DUBOC

Titre : Dieu 2.0 - La Papesse Online (#1)
Auteur : Henri Duboc
Édition : LaJouanie
Nombre de tomes : 2
Date de parution : 2015
Nombre de pages : 352
Genre : Anticipation
Décor : Paris, 2053
Lu en : Avril 2017

9/10

Quatrième de couverture : Paris 2053. Dans un futur pacifié, abîmé par le réchauffement climatique et maladivement dépendant d’Internet, Gabriel dirige Memoriam, cimetière universel online qui conserve les souvenirs visuels et sonores des trépassés. Un hacker légendaire vient annoncer à ce croque-mort numérique que la civilisation est à deux doigts de verser dans l’obscurantisme… Rôdent autour de ces deux héros de drôles de paroissiens : Monseigneur Verinas, charismatique évêque de la capitale ; Oranne Ière la Papesse, Yosa le surdoué, Hattam le savant fou… La guerre contre l’extrémisme religieux s’annonce compliquée…

Mon avis : Me voici lancée dans un genre que je ne connais pas, ou très peu : le roman d’anticipation. Certaines mauvaises langues pourront penser que vu que je ne connais pas, je vais être facile à convaincre, mais je pense que c’est justement plutôt le contraire qui s’opère. Ce genre me tape rarement dans l’œil, parce que je n’ai pas l’impression de réussir à rentrer dans l’histoire, que je trouve souvent trop abracadabrante.

Alors pourquoi avoir tenté le premier tome de cette saga ? Déjà, rien que parce que le titre me paraissait prometteur et que la quatrième de couverture m’a fait sourire. Mêler Dieu-croyance à l’informatique avait titillé ma curiosité.

Les premières pages sont surprenantes, car le résumé nous annonce un saut dans le futur (2053), alors que nous commençons dans le passé, à l’époque de Pasteur. Même si le lien est assez ténu, on voit rapidement se dessiner une certaine position vis-à-vis de la foi, qui m’a plu. Et on embarque illico presto pour le milieu du XXIe siècle. Chamboulement complet de la vie quotidienne comme on la connaît, assez logiquement soutenue par des raisons environnementales (qui nous pendent déjà au nez) et boom complet en matière de prouesses informatiques et technologiques avec des hologrammes et compagnie. Tout est expliqué par le biais de Gabriel, déjà d’un certain âge, qui peut ainsi servir de témoin entre notre époque et celle du livre. Très bon point, parce que tout a été réfléchi, et on ne tombe pas comme ça dans un univers qui a évolué au-delà du raisonnable.

En ce qui concerne l’histoire, je pense qu’il vous faut la découvrir par vous-même. C’est un peu plat dit comme ça, mais ce roman est truffé de bonnes surprises, de clins d’œil de notre époque qui appartient alors déjà au passé (je pense au CERN par exemple, mais pas que).

La quatrième de couverture l’annonce, un hacker va faire son apparition, dans cette époque où tout est numérisé et où TOUT, absolument tout se base sur les technologies, même la religion. (Une scène de baptême très « moderne » va probablement rester gravée à vie dans ma mémoire tant elle est surréaliste et pourtant imaginable dans un futur proche… ça fait peur !)

En tout cas, j’ai grandement aimé l’univers dans lequel j’ai évolué avec les personnages. Les idées en matière de nouvelles utilisations des technologies sont passionnantes et font souvent froid dans le dos tant on arrive à dépersonnaliser l’essence même de l’être humain. Je pense que je vais rapidement acheter Bye bye Internet afin de voir ce que W3 et son « acolyte » nous réserve et ce que Madame la Papesse nous concocte… Plein de mystère, vu qu’il est encore assez difficile de voir quelle direction va prendre l’histoire. Mais une chose est sûre, la révolution est en marche !

Des bonnes idées à foison dans ce roman d'anticipation fort sympathique.
La suite au plus vite !

dimanche 16 avril 2017

Une Putain d'histoire - Bernard MINIER

Titre : Une Putain d'histoire
Auteur : Bernard Minier
Édition : Pocket
Date de parution : 2015
Nombre de pages : 600
Genre : Thriller
Décor : Seattle (US)
Lu en : Avril 2017

10/10

Quatrième de couverture : Une île boisée au large de Seattle...

« Au commencement est la peur. La peur de se noyer. La peur des autres, ceux qui me détestent, ceux qui veulent ma peau. Autant vous le dire tout de suite : Ce n'est pas une histoire banale. Ça non. c'est une putain d'histoire. Ouais, une putain d'histoire... »


Mon avis : À mon tour de me lancer dans Une Putain d'histoire, titre choc, tape à l’œil, qu'on ne comprend d'ailleurs pas tout de suite, mais qui résume parfaitement ce roman.

Dès les premières pages, nous débarquons à Seattle, où Henry, un adolescent, nous conte sa putain d'histoire avec moult détails sur tout ce qui lui est arrivé à ce moment.

L'écriture est assez étonnante, car elle change complètement de style par rapport aux autres romans de l'auteur, mais elle m'a parlé et j'étais suspendue aux lèvres de Henry, voulant découvrir tout ce qui s'était passé. Autant dire qu'il n'a pas menti quand il a dit qu'il s'agissait d'une putain d'histoire ! C'est surprenant, dingue, puissant. Impossible de s'arrêter dans les moments les plus stressants et même dans les plus calmes ça reste difficile tant j'ai été happée par l'histoire que nous conte ce jeune homme à cœur ouvert.

Jusqu'à la fin j'ai cherché, douté, imaginé tout et son contraire. J'ai tout analysé, et Bernard Minier a réussi à m'éblouir avec un grand final plein de génie.

Vous en dire plus serait gâcher l'histoire. Lancez-vous, vous ne serez pas déçu. Je ne voyais pas les pages défiler et je me suis réellement sentie partie prenante de cette histoire. En bref, j'ai adoré et j'en redemande !

Ton complètement différent de ses autres romans, mais génial, qui monte en intensité crescendo au fil des pages

lundi 27 mars 2017

Le Roi Lear - William SHAKESPEAR

Titre : Le Roi Lear
Titre original : King Lear
Auteur : William Shakespear
Édition : Librio (Théâtre)
Date de parution : 1606
Nombre de pages : 128
Genre : Théâtre, classique
Décor : Royaume-Uni
Lu en : Mars 2017

6/10

Quatrième de couverture : Depuis près de trois cents ans, Le Roi Lear est tenu, d'un consentement quasi unanime, pour la plus douloureuse des pièces de Shakespeare.

Si elle frappe ainsi l'imagination, c'est à cause de la mort imméritée de Cordélia, et en partie parce qu'elle nous oblige à subir un monde en proie à une telle sauvagerie ; mais le choc le plus rude est de voir s'imposer à nous, inévitablement, cette terrifiante certitude que tôt ou tard, un homme doit affronter les conséquences atterrantes de ses propres crimes. Si profondément, si sincèrement qu'il puisse regretter ce qu'il a fait, dès l'instant qu'il a déclenché un enchaînement de causes et d'effets, celui-ci suivra son cours comme si aucun changement ne s'était produit dans le cœur de cet homme. C'est ce qui se passe dans Le Roi Lear.

« Dès que nous naissons, nous pleurons d'être venus sur ce grand théâtre de fous... »


Mon avis : Après avoir passé un certain temps dans ma PAL, j'ai enfin terminé cette pièce que certains jugent incontournables. De mon côté, j'avoue que je ne connaissais pourtant pas grand-chose de son contenu avant de me lancer, si ce n'est que Le Roi lion s'en inspire. On va donc dire que je me lançais sans trop savoir où j'allais. Imaginant bien ne pas croiser des lions en pleine savane, mais plutôt une sorte de duel entre deux personnages, je suis partie à l'aventure.

La première scène est très déstabilisante et mon petit cerveau a eu de la peine à saisir le jeu des personnages et les différents enjeux territoriaux. Heureusement, dès la deuxième scène, les choses se précisent. On a effectivement sous les yeux des gros problèmes familiaux et territoriaux, lorsque le Roi Lear décide de partager son royaume entre ses trois filles. Il décide d'avantager celle qui l'aime le plus, et de là, se lance une sorte de combat parmi sa progéniture, qui tient l'une des filles à l'écart. Là où l'histoire se complique, c'est avec une intrigue parallèle qui traite plus ou moins des mêmes sujets, entre un père (un comte) et ses deux enfants, l'un légitime, l'autre bâtard. C'est d'ailleurs dans ces personnages que l'on peut voir se dessiner très vaguement la trame du Roi lion. (Vraiment très vaguement !)

C'est toujours dur de juger réellement une telle pièce, dont le statut d'incontournable est difficilement discutable. Il s'agit donc plutôt de mon ressenti personnel : j'ai été un peu perdue entre tous les personnages, et je ne trouve pas que l'idée de mettre deux histoires presque semblables en parallèle apportent beaucoup à la trame. Malgré tout, dès que Lear tombe dans la folie lors d'une nuit orageuse (acte III), j'ai de plus en plus apprécié la lecture. Histoires de famille, de succession, complots d'une part, loyauté indéfectible d'une autre... J'avoue que c'est vraiment à partir de là que j'ai commencé à me sentir vraiment intégrée à l'histoire. La fin, quant à elle, est digne des autres pièces de Shakespeare que j'ai lu jusque-là, et je trouve qu'elle clôt bien le tout.

Pas mal du tout, mais un peu difficile d'accès malgré tout et début long à démarrer